Klebsiella n’a pas tué

Klebsiella n’a pas tué

30.08.2011
Le germe de la bactérie Klebsiella pneumoniae a bien été identifié au sein de l’hôpital privé Jacques-Cartier de Massy (Essonne). Toutefois, le décès, en juillet, de cinq patients n’est pas lié à cette bactérie, précise l’Institut national de veille sanitaire (InVS). De manière générale, le nombre des épisodes impliquant les entérobactéries est en augmentation.
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« Il s’agit d’un épisode bien réel de cas groupés d’infection à Klebsiella pneumoniae résistante aux antibiotiques. » Cependant, les personnes décédées à l’hôpital étaient « porteuses de la bactérie, mais non infectées », a indiqué à l’AFP Bruno Coignard, responsable de l’unité Infections liées aux soins et résistance aux antibiotiques de l’InVS. Elles ont succombé à la pathologie dont elles souffraient (pathologies cardiaques), et non « à cause de la bactérie », contrairement aux informations publiées ce mardi par « le Parisien ». « Les pronostics vitaux (des patients décédés) étaient déjà engagés », confirme le Dr Gilles Antoniotti, coordonnateur des risques infectieux pour le groupe Générale de Santé, auquel appartient l’hôpital de Massy.

La bactérie Klebsiella pneumoniae productrice de carbapénèmase (KPC) est apparue dans l’établissement après le rapatriement sanitaire d’une patiente depuis la Grèce, début juin, a expliqué le Dr Antoniotti. Treize patients sont porteurs du germe, mais n’ont pas été infectés, a-t-il précisé. « Tous les patients ont été dépistés » et « des mesures d’isolement » ont été prises pour « casser la transmission du germe ». L’agence régionale de la santé (ARS) d’Ile-de-France souligne, dans un communiqué, qu’une lettre d’information a été envoyée, le 25 août, aux patients hospitalisés dans le service de réanimation de l’hôpital de Massy entre le 4 juin et le 31 juillet. « Les mesures d’hygiène habituelles, telles que le lavage des mains, limitent considérablement les risques de propagation de la bactérie », rappelle l’ARS. « C’est la raison pour laquelle le dépistage systématique de l’entourage et du personnel soignant en contact avec les personnes porteuses de la bactérie n’est ni nécessaire ni préconisé dans les recommandations scientifiques. En revanche, il est demandé aux patients contacts (...) de se signaler en cas de réhospitalisation quel qu’en soit l’établissement. »

Les EPC sous surveillance.

Le premier épisode impliquant des entérobactéries productrices de carbapénèmases (EPC) a été signalé à l’InVS en 2004. L’Institut recensait, à la date du 23 juin dernier, 67 épisodes de ce type, avec un nombre en « augmentation très nette depuis 2009 » : « On compte 6 épisodes signalés en 2009, 26 en 2010 et 27 sur les six premiers mois de 2011. » En France, le nombre d’épisodes impliquant des EPC reste toutefois limité en comparaison avec d’autres pays (Grèce, Maroc, Inde). Pour l’InVS, « ceci montre la nette augmentation des signalements relatifs à ces épisodes sur les derniers mois. Le renforcement de la surveillance et la demande de signalement de ces épisodes ont pu contribuer à cette augmentation. » Les épisodes ont été rapportés par le biais du signalement des infections nosocomiales pour 63 d’entre eux (94 %), les quatre autres l’ont été directement par les laboratoires ayant caractérisé le mécanisme de résistance.

Les bactéries les plus fréquemment rencontrées sont Klebsiella pneumoniae (43 sur 67) et Escherichia coli (18) et les mécanismes de résistance sont OXA-48 (33) et KPC (19). Au total, ces épisodes ont concerné 193 patients identifiés, dont 56 (29 %) infectés et 131 (70 %) colonisés, ce statut n’étant connu que pour 187 d’entre eux. 43 décès ont été rapportés chez ces patients (22 %).

Les épisodes signalés correspondent majoritairement à des cas importés de l’étranger dans un contexte de transfert direct d’hôpital à hôpital. Cependant, il est noté une proportion croissante d’épisodes (majoritairement de type OXA-48) sans lien avec un pays étranger. « Ceci suggère un début de diffusion autochtone de ces EPC, favorisée par une reconnaissance parfois difficile de ces souches », note l’InVS. « Les établissements de santé doivent donc rester vigilants devant tout isolement au laboratoire d’une entérobactérie suspecte d’être productrice de carbapénèmase, même en l’absence de notion de rapatriement ou de séjour à l’étranger ».

Le 6 décembre 2010, une circulaire du ministère de la Santé rappelait aux établissements de santé les mesures de contrôle à mettre en œuvre pour prévenir la diffusion d’EPC. Ces mesures de contrôle (dépistage précoce des patients rapatriés de l’étranger, maintien des précautions complémentaires contact, signalisation, sectorisation et dépistage éventuel des sujets contacts et suivi du portage) ont permis « de maîtriser la très grande majorité des épisodes », assure l’InVS.

STÉPHANIE HASENDAHL
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
30.08.2011 à 20h07

« Quelle belle preuve de désinformation de la part des médias qui bien aidés par.... en remettent une couche sur les bactéries multirésistantes tueuses et l'emploi abusif des antibiotiques certes préo Lire la suite

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