Grossesse, allaitement et SEP : de nouveaux résultats

Grossesse, allaitement et SEP : de nouveaux résultats

07.07.2011
La grossesse chez des femmes souffrant d’une SEP n’est généralement pas associée à des pathologies de l’accouchement, ni à un risque périnatal pour l’enfant à naître. Par ailleurs, l’allaitement ne protège pas contre les poussées de SEP.

Mia van der Kop et coll. (Vancouver) ont analysé les données d’un registre de Colombie Britannique sur 10 ans, avec 432 naissances chez des femmes ayant une SEP et 2 975 femmes exemptes de la maladie*. Les premières n’ont pas davantage d’accouchements par césarienne. Chez les femmes ayant un handicap plus prononcé le risque de complications de l’accouchement est augmenté sans que cela soit significatif. Ni l’âge du début de la maladie, ni sa durée d’évolution n’ont eu d’impact négatif sur les données de l’accouchement et néonatales.

Les auteurs notent que les femmes ayant une SEP sont plus souvent en surpoids et obèses, et que cela est associé à un risque obstétrical plus important pendant la grossesse et l’accouchement, quelle que soit la condition de la parturiente. D’où le conseil donné par les chercheurs d’optimiser le poids des femmes ayant une SEP avant qu’elles ne soient enceintes.

Emilio Portaccio et coll. (Florence, Italie) ont réalisé une étude chez 298 femmes ayant eu 302 naissances, suivies pendant un an après l’accouchement**. On voit que 34,4 % des femmes ont allaité pendant au moins deux mois, les 65,5 % restantes ont donné du lait maternel pendant moins de deux mois ou pas du tout et ont été considérées comme non allaitantes. Pendant l’année qui a suivi l’accouchement, 37 % des femmes ont eu une poussée de SEP et 6 % deux poussées ou plus. L’étude montre que l’allaitement ne protège pas contre les poussées après ajustement pour l’âge au moment de la grossesse, la durée d’évolution de la SEP, le niveau de handicap, les poussées dans l’année précédant la grossesse. Les femmes qui ont eu une poussée au cours de la grossesse ont presque deux fois plus souvent des poussées pendant la période du post-partum comparativement aux femmes qui n’ont pas eu de poussée pendant la grossesse.

« Les résultats antérieurs montrant des associations entre l’allaitement et une réduction du risque de poussées sont probablement biaisés : les femmes qui ont moins de poussées avant et pendant la grossesse allaitent plus facilement leur enfant », estiment les auteurs.

* « Annal of Neurology », 27 juin 2011.

** « Neurology », 6 juillet 2011.

Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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