Des cellules souches olfactives au secours de la mémoire

24.06.2011
Des chercheurs français ont permis à des souris amnésiques de retrouver la mémoire en leur greffant des cellules souches nasales humaines. Ce qui ouvre des perspectives chez l’homme.
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Ce résultat est le fruit du travail de plusieurs équipes universitaires associées au CNRS (Marseille et Montpellier) en collaboration avec une équipe du CHU Nord de Marseille.

Dans le cadre d’une étude préclinique conduite chez des souris rendues amnésiques, les équipes de chercheurs ont analysé les effets d’une transplantation de cellules souches olfactives humaines dans le cerveau ou dans le liquide céphalo-rachidien de ces animaux. Quatre semaines après la greffe, les chercheurs ont conduit des tests comportementaux. Résultats :

– les souris transplantées avaient retrouvé leurs capacités à apprendre et à mémoriser l’emplacement d’un objet ou l’association d’une récompense avec une odeur ;

– elles ont réalisé des scores similaires à ceux observés chez les animaux non lésés, alors que les souris lésées mais non transplantées demeuraient incapables de réaliser ces tâches d’apprentissage et de mémorisation.

Par ailleurs, les chercheurs ont observé que les cellules nasales humaines transplantées se sont implantées dans les zones lésées et s’y sont différenciées en neurones.

Enfin, comme l’explique un communiqué, « la greffe de ces cellules souches a permis de restaurer partiellement le phénomène de potentialisation à long terme, l’un des mécanismes de base de la mémorisation ».

Les chercheurs soulignent que ces cellules souches nasales présentent de nombreux avantages : elles sont faciles à prélever et à cultiver ; chaque individu peut être son propre donneur, ce qui élimine tout risque de rejet immunitaire tout en garantissant un accès immédiat à ces cellules.

Sur quelle application clinique ce travail pourrait-il déboucher ? « A plus long terme, indique le communiqué, cette étude pourrait ouvrir la voie à un essai clinique basé sur l’autogreffe de cellules souches nasales chez des patients souffrant d’une amnésie post-traumatique ou post-ischémique. Par ailleurs, ces recherches se poursuivent sur des modèles animaux de la maladie d’Alzheimer. »

Nivet et coll. « The Journal of Clinical Investigation », en ligne le 13 juin 2011.

Dr EMMANUEL DE VIEL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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