Succès d’une greffe d’ovaire dans un syndrome de Turner

Succès d’une greffe d’ovaire dans un syndrome de Turner

18.04.2011
Elle s’appelle Victoria. Elle est née le 8 mars dernier dans des circonstances, ou plutôt à partir de péripéties, qui constituent une première mondiale. Sa maman atteinte d’un syndrome de Turner l’a conçue, de façon naturelle, après avoir reçu un greffon ovarien donné par sa sœur, vraie jumelle, et donc également porteuse de l’anomalie génétique.
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L’histoire de cette conception et de cette naissance est racontée au « Quotidien » par le Dr Guy Kerbrat (gynécologue-obstétricien, hôpital de Parly II, Le Chesnay) qui a mis Victoria au monde. « Ces sœurs jumelles sont toutes deux mosaïques pour le syndrome de Turner. La donneuse porteuse de 15 % de cellules anormales a conçu et mis au monde, de façon tout à fait naturelle, deux enfants, alors que sa sœur porte 25 % de cellules anormales, n’a pas d’ovaires et est en aménorrhée primaire. » Elle avait tenté des dons d’ovocytes, à l’étranger, qui s’étaient soldés par des échecs. Ayant eu connaissance des succès du Pr Jacques Donnez à Louvain (Belgique) dans les greffes d’ovaires, elle a pris contact avec ce gynécologue. Le médecin belge a accepté de tenter une transplantation entre les deux sœurs (interdite en France).

De retour en France, la patiente a lancé une procédure de demande de fécondation in vitro. Au cours de cette période d’attente, alors qu’elle avait 38 ans, est survenue spontanément la grossesse.

C’est à 20 semaines d’aménorrhée que la patiente, alors inconnue du service, est prise en charge par le Dr Kerbrat pour surveillance et accouchement. « Elle nous a été adressée en raison de la pluridisciplinarité de notre centre hospitalier. Il s’agit de grossesses à haut risque, notamment en raison de possible dissection aortique. Nous bénéficions à Parly II de services de maternité, de chirurgie et de cardiologie. »

« Même si l’accouchement semblait possible par voie basse nous avons préféré recourir à la césarienne par sécurité. Une équipe de chirurgie cardiaque était prête à intervenir en cas de nécessité. Mon étonnement a été grand au cours de l’intervention de découvrir un greffon sous-péritonisé, recouvert d’adhérences. » Le Dr Kerbrat en est encore à se demander comment un ovule a pu être expulsé et franchir de tels obstacles avant d’être fécondé.

Le caryotype de Victoria, la bien nommée, montre qu’elle est indemne de maladie de Turner.

 Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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