Un gène de fusion impliqué dans le cancer gastrique

Un gène de fusion impliqué dans le cancer gastrique

14.04.2011
Une nouvelle altération génétique impliquée dans une fraction des cancers de l’estomac est découverte par des chercheurs de Singapour, ouvrant des perspectives thérapeutiques. Dans les cellules cancéreuses gastriques in vitro, l’inhibition de ce gène de fusion réduit la prolifération et l’invasion cellulaire, et sensibilise ces cellules à la chimiothérapie par cisplatine.
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L’équipe du Dr Tan (Duke-National University of Singapore) vient d’identifier dans le cancer de l’estomac, une altération génétique somatique : un gène de fusion oncogénique. Les gènes de fusion sont des gènes chimériques formés dans les cancers par des translocations, amplifications ou réarrangements du génome.

Tao et coll. ont étudié 133 cancers gastriques (tumeurs primaires et lignées cellulaires), en utilisant une analyse des points de cassure génomique (GBA) pour découvrir des gènes de fusion. Quatre cancers présentaient des points de cassure dans le gène SLC1A2, connu pour encoder un récepteur membranaire transportant le glutamate à l’intérieur de la cellule. Cela a conduit à la découverte d’un gène de fusion CD44-SLC1A2. En étudiant 43 autres cancers gastriques, appariés avec le tissu gastrique normal, ils ont découvert la présence du gène de fusion dans 2 autres cancers. Ainsi, le gène de fusion était présent dans 2 % des cancers gastriques ; toutefois, pour déterminer sa vraie fréquence, il faudra étudier un plus grand nombre de patients atteints de cancer gastrique.

Lorsque ce gène de fusion est inhibé (par des siARN) dans les cellules cancéreuses gastriques in vitro, la prolifération, l’invasion et la croissance cellulaire sont réduites, la sensibilité au cisplatine est augmentée. Inversement, la surexpression du gène de fusion dans des cellules gastriques normales stimule ces traits oncogéniques.

Toutefois, des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer exactement comment ce gène de fusion, et peut-être d’autres transporteurs liés au glutamate, pourraient contribuer au développement du cancer gastrique. « Ceci suggère que les agents qui inhibent la fonction SLC1A2 pourraient être utilisés pour sensibiliser les tumeurs à la chimiothérapie. Des inhibiteurs de la capture du glutamate sont disponibles et nous nous activons maintenant à tester cette possibilité », laisse entrevoir le Dr Tan.

« Science Translational Medicine », 6 avril 2011, Tao et coll.

Dr VÉRONIQUE NGUYEN
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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