Une protéine indicatrice d’un risque de métastase

Une protéine indicatrice d’un risque de métastase

02.02.2011
Des chercheurs du NIH américain et de l’université de Hong Kong montrent que la protéine CPE-delta N pourrait constituer un indicateur du risque de métastase : plus sa concentration est élevée dans une tumeur, plus le risque de diffusion métastatique serait élevé.
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DANS UN PREMIER TEMPS, les chercheurs ont dosé la CPE-delta N (en fait, plus exactement, le RNA de cette protéine) dans des échantillons de cancer du foie provenant de 99 patients et ont comparé les taux obtenus avec ceux du tissu péritumoral. Ils ont observé que lorsque les taux de CPE-delta N sont deux fois plus élevés dans la tumeur que dans le tissu péritumoral, il existe un risque élevé de métastases dans les deux ans. En utilisant ce seuil, les chercheurs ont pu prévoir le risque de récidive dans plus de 90 % des cas.

Puis les chercheurs se sont intéressés à 14 patients porteurs soit d’un phéochromocytome, soit un paragangliome. N’ayant pas pu obtenir de tissu péritumoral, ils n’ont dosé le RNA du CPE-delta N que dans les tumeurs. Le nombre de copies de RNA obtenu était compris entre 150 000 et 15 millions pour 200 µg de tissu. Dans tous les cas qui ont récidivé ou métastasé, le taux de RNA tumoral initial était supérieur à 1 million de copies pour 200 µg.

Les chercheurs ont également étudié des cellules tumorales provenant de cancers du foie, du sein, du côlon et de la tête et du cou et ont montré que celles qui sont connues pour métastaser le plus facilement sont celles qui ont les taux les plus élevés de RNA du CPE-delta N.

Enfin, les chercheurs ont essayé dans deux modèles murins d’arrêter la dissémination du cancer en inhibant la production de CPE-delta N. La stratégie repose sur l’utilisation d’ARN antisens qui, se liant à l’ARN, l’empêche d’induire la formation d’une protéine. Dans un premier temps, les chercheurs ont transplanté des cellules tumorales hépatiques hautement métastatiques sous la peau des souris. La moitié des animaux ont été traités par un ARN antisens anti-CPE-delta N, l’autre non. Au bout de 30 jours, chez les souris n’ayant pas reçu l’antisens, les tumeurs étaient plus grosses que celles des souris traitées.

Dans un deuxième temps, les chercheurs ont prélevé les tumeurs de ce premier groupe de souris et les ont transplantées dans le foie d’un autre groupe de souris (deuxième modèle). Au bout de 35 jours, seules les tumeurs n’ayant pas été traitées dans un premier temps avaient disséminé et formé de nouvelles tumeurs.

Ce travail ouvre de nouvelles voies de recherche thérapeutique.

 Dr EMMANUEL DE VIEL
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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