Surveiller le cœur des BPCO sévères

Surveiller le cœur des BPCO sévères

21.01.2011
Des Suédois ont constaté des modifications de la mortalité des patients ayant une bronchite chronique oxygéno-dépendante. Alors que la mortalité de cause respiratoire diminue, le risque cardio-vasculaire augmente.
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COMMENT se sont traduits en termes de mortalité les changements démographiques survenus ces dernières décennies dans la bronchite chronique sévère ? C’est à cette question qu’ont voulu répondre des médecins suédois en observant pendant 1,7 an en moyenne plus de 7 620 adultes ayant débuté une oxygénothérapie pour une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) entre janvier 1987 et décembre 2004. Et, effectivement, les choses ont changé. Alors que la mortalité de cause respiratoire, y compris par cancer du poumon, diminue, celle de cause cardio-vasculaire augmente.

Des femmes plus exposées

La démographie de la BPCO a changé en l’espace de vingt à trente ans. « En Suède, l’âge moyen des patients débutant une oxygénothérapie est passé de 66 à 73 ans entre 1987 et 2000 », explique le Dr Magnus Ekström, principal auteur de l’étude et médecin à l’hôpital de Karlskrona. Mais ce n’est pas le seul phénomène observé. La féminisation de la maladie en est un autre. « En fait, la majorité des patients débutant une oxygénothérapie sont des femmes », poursuit le chercheur.

Au cours de la période d’étude de janvier 1987 à décembre 2004, 5 457 sujets sont décédés, 3 885 de cause respiratoire, 847 de cause cardio-vasculaire, 414 par cancer et 62 de maladie digestive. La mortalité totale a augmenté de 1,6 % par an. Le risque absolu de décès de cause cardio-vasculaire a augmenté de 2,8 % par an et de maladie digestive de 7,8 % par an. À l’inverse, le risque absolu de décès a diminué de 2,7 % par an pour les maladies respiratoires et de 3,4 % par an pour les cancers du poumon. Au total, la mortalité cardio-vasculaire a augmenté de 61,5 % entre 1987 et 2004.

Pour l’équipe suédoise, les changements dans la mortalité sont attribuables au recul de la mise sous oxygène, lui-même expliqué par la baisse du tabagisme. « La baisse du tabagisme était plus forte chez les hommes que chez les femmes, commente le Dr Ekström. De plus, comme des études l’ont montré précédemment, les femmes sont plus sensibles aux effets néfastes de la cigarette. » Les résultats suédois soulignent l’importance de ne pas négliger les co-morbidités associées à la BPCO chez les sujets nécessitant une oxygénothérapie, puisqu’elles sont en passe de devenir aussi menaçantes pour le pronostic vital que l’affection respiratoire elle-même.

« American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine », publié en ligne le 7 janvier 2011. doi:10.1164/rccm.201010-1704OC

 Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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