Comment le méningocoque attaque le cerveau

Comment le méningocoque attaque le cerveau

05.01.2011
Les premiers signaux biochimiques d’enclenchement du processus infectieux suivi par le méningocoque pour aboutir à la méningite cérébro-spinale sont décryptés par les efforts conjugués d’équipes françaises. Si le mécanisme se confirme, cette identification pourrait permettre d’utiliser d’autres traitements en complément de l’antibiothérapie traditionnelle.
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« Les composés ciblant le récepteur bêta2-adrénergique pourraient se démontrer utiles dans le traitement des formes les plus graves de méningite, qui s’accompagnent de choc septique », expliquent Stéphane Marullo et coll. (université Paris-Descartes, INSERM et CNRS).

Le méningocoque peut être présent à l’état non pathogène dans le pharynx de porteurs sains. Sa pathogénicité s’accompagne d’un passage dans le sang, avec adhésion aux cellules de la paroi des vaisseaux capillaires cérébraux. Une fois franchis les capillaires, le germe colonise les méninges, d’où la méningite. Des formes septicémiques, souvent mortelles, s’associent parfois, s’accompagnant d’un purpura fulminans, et d’un choc septique d’installation rapide.

Pour parvenir à ces fins infectieuses, le méningocoque déclenche un processus en plusieurs étapes. Il envoie des signaux vers les cellules endothéliales capillaires, ce qui entraîne la formation de bourgeonnements de la membrane capillaire. La colonie bactérienne s’installe et prolifère à l’abri de ces bourgeonnements. S’ensuivent des événements en chaîne, qui diminuent progressivement l’étanchéité de la paroi des capillaires (relâchement des jonctions entre les cellules endothéliales, passage de quelques bactéries qui infectent les méninges).

Le travail réalisé par Stéphane Marullo et coll. (université Paris-Descartes, INSERM et CNRS) a abouti à la mise en évidence d’un récepteur bêta2-adrénergique qui intervient dans le déclenchement de l’action infectieuse du méningocoque. Selon les chercheurs, le méningocoque s’amarre à ce récepteur, ce qui déclenche le recrutement de « protéines d’échafaudage », qui mettent à mal l’étanchéité de la paroi des capillaires. Finalement, la paroi du vaisseau s’ouvre à certains endroits.

Les auteurs ont observé que le prétraitement des cellules endothéliales par des médicaments capables de provoquer l’internalisation du récepteur bêta2-adrénergique inhibe presque complètement la formation des bourgeonnements cellulaires.

« Cell », 23 décembre 2010, doi:10.1016/j.cell.2010.11.035

Dr BÉATRICE VUAILLE
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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