Bipeurs et portables : des vibrations fantômes chez les médecins

Bipeurs et portables : des vibrations fantômes chez les médecins

17.12.2010
Les médecins joignables à l’aide de bipeurs et de portables réglés en mode silencieux ont souvent la fausse impression que leur appareil vibre pour un appel.
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SI LES VIBRATIONS fantômes ne touchent pas exclusivement les soignants, il n’en reste pas moins que l’étude menée dans un hôpital du Massachusetts est édifiante. Près de 70 % du personnel soignant ont déjà eu l’impression de sentir leur téléphone portable ou leur bipeur vibrer, alors qu’il n’en est rien. Ces « vibrations fantômes » sont intégrées au niveau cérébral comme une perception réelle et pourraient tout aussi bien s’appeler hallucinations tactiles, si l’expression n’était connotée sur le plan psychiatrique.

Alors, la faute à une vigilance accrue et une tendance à l’anticipation de la part des blouses blanches ? Peut-être bien. Les plus jeunes, étudiants en médecine, externes et internes, semblent plus à risque, probablement parce qu’ils sont davantage sollicités pour les urgences. L’équipe du Dr Michael Rothberg les compare aux jeunes mères ayant l’impression d’entendre leurs bébés pleurer. D’ailleurs, le phénomène peut aussi s’accompagner d’hallucinations auditives avec l’impression d’entendre le téléphone sonner.

Le cerveau en attente d’un appel surinterpréterait certains stimuli comme des pressions, des froissements de vêtements ou de simples contractions musculaires. L’étude américaine révèle que porter l’appareil au niveau de la poitrine est près de deux fois plus à risque qu’au niveau de la ceinture. Sans grande surprise, le phénomène est plus fréquent en cas d’utilisation prolongée et de réglage de l’appareil en mode vibreur.

Heureusement, il semble que les vibrations fantômes ne perturbent pas plus que ça le quotidien des praticiens. La grande majorité des médecins les décrit comme étant peu gênantes. Il suffit d’ailleurs la plupart du temps de changer l’appareil de place et de diminuer le temps d’utilisation pour qu’elles baissent en fréquence.

« BMJ » 2010; 341:c6914.

lequotidiendumedecin.fr, le 17/12/2010

 Dr IRÈNE DROGOU
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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