Le pouvoir des axones épargnés lors d’une lésion de moelle

Le pouvoir des axones épargnés lors d’une lésion de moelle

15.11.2010
Une étude chez le singe suggère que cette récupération fonctionnelle après lésion médullaire partielle est due à un puissant bourgeonnement des axones intacts, permettant de restaurer, six mois après l’hémisection médullaire, 60 % de la densité axonale en dessous de la zone lésée, un degré de récupération inattendu et jamais vu chez les rongeurs.
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APRÈS AVOIR INFLIGÉ une hémisection latérale de la moelle épinière au niveau de la 7e vertèbre cervicale (C7) chez des singes Rhésus adultes, les chercheurs ont pu constater une importante plasticité spontanée des projections corticospinales, avec reconstitution de 60 % de la densité originale des axones six mois après la lésion ; cela était dû au bourgeonnement des axones croisant la ligne médiane de la moelle épinière.

Cette récupération anatomique est associée à une nette amélioration de la fonction de la main et de la locomotion du côté affecté.

L’équipe étudie maintenant comment le SNC est capable de générer une repousse spontanée aussi importante après une blessure médullaire. Cette connaissance pourrait en effet ouvrir des pistes pour développer des médicaments capables de majorer ce bourgeonnement spontané chez des individus subissant des traumatismes médullaires plus sévères.

« Même après des lésions sévères de la moelle épinière, il existe souvent des axones épargnés qui peuvent présenter le bourgeonnement que nous avons observé », fait entrevoir au « Quotidien » le Pr Rosenzweig (Université de San Diego). « Si nous pouvons découvrir les signaux qui déclenchent cette réponse compensatrice, nous pourrions peut-être être en mesure de développer un traitement qui majorera cette réponse et aidera les individus souffrant d’une lésion médullaire sévère. »

« Notre prochain objectif est d’évaluer des traitements qui se sont avérés prometteurs dans des modèles rongeurs de lésion médullaire, afin de voir si nous pouvons majorer ce bourgeonnement spontané. En outre, nous modifierons les modèles rongeurs pour permettre d’examiner les mécanismes sous-tendant ce bourgeonnement. »

« Nature Neuroscience », 14 novembre 2010, Rosenzweig et coll., DOI: 10.1038/nn.2691

Quotimed.com, le 15/11/2010

 Dr VÉRONIQUE NGUYEN
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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