Une baisse de l’IGF1 dans la mucoviscidose

Une baisse de l’IGF1 dans la mucoviscidose

10.11.2010
Les sujets atteints de mucoviscidose présentent, dès la naissance, divers troubles de la croissance qui pourraient être en relation, au moins partiellement, avec une réduction des concentrations sériques d’insuline-like growth factor 1 (IGF1), comme le démontrent des chercheurs américains, chez le porc et chez l’homme.
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LA MALNUTRITION et les conséquences de l’infection pulmonaire chronique sont tenues pour largement responsables des anomalies de la croissance observées chez les patients. Mais parce que la croissance demeure affectée même dans les formes cliniques les plus favorables, on pense que l’axe somatotrope intervient également dans la genèse de ces troubles. Des études vont dans ce sens en montrant que le poids, la taille et le périmètre crânien des nouveau-nés atteints de mucoviscidose sont inférieurs à ceux des nouveau-nés indemnes.

Après des travaux concluants chez le porc, des chercheurs américains ont mesuré les taux d’IGF1 chez des bébés dans les gouttes de sang séché prélevées dans le cadre du dépistage systématique de la mucoviscidose. Ils observent une réduction modeste mais significative des concentrations d’IGF1 chez les bébés atteints de mucoviscidose, par comparaison avec les nouveau-nés indemnes.

Ces travaux, sans remettre en cause le rôle de la malnutrition et de l’infection chronique des poumons dans les anomalies de la croissance observées chez l’adulte ou l’enfant plus âgé, suggèrent que la déficience en protéine CFTR a peut-être un rôle plus direct qu’on ne le pensait jusqu’ici dans ces troubles associés à la mucoviscidose, en induisant une réduction de la sécrétion de l’IGF1.

Les observations des chercheurs américains ouvrent des perspectives intéressantes : l’utilité potentielle de la mesure précoce (à la naissance ou durant les premiers mois de la vie) des concentrations sériques d’IGF1 comme marqueur pronostique ou prédicteur de la sévérité de la maladie, mais aussi l’intérêt possible d’une supplémentation en IGF1. Des études conduites chez des enfants, des adolescents et des adultes indiquent en effet que l’administration d’hormone de croissance peut améliorer le statut clinique des patients.

Rogan MP, Stoltz et coll., DA. « Proc Natl Acad Sci » (2010). Publication en ligne.

Quotimed.com, le 10/11/2010

 Dr BERNARD GOLFIER
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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