Une rétine artificielle recrée la vision

Une rétine artificielle recrée la vision

03.11.2010
  • 1288895610199603_IMG_47459_HR.jpg

« NOS RÉSULTATS démontrent pour la première fois qu’un faisceau de micro-électrodes sous-rétiniennes fait de 1 500 photodiodes peut recréer une perception visuelle signifiante et détaillée chez des individus aveugles. » Telle est la performance qu’ont accomplie des ophtalmologistes allemands, l’équipe d’Eberhart Zrenner (Tübingen, Allemagne). L’implantation d’une puce sensible à la lumière a permis à trois volontaires, atteints d’une dégénérescence rétinienne, de discerner des objets clairs sur une table noire et pour deux d’entre eux d’en définir les contours. L’un a pu décrire et nommer correctement des objets, tels qu’un couteau ou une fourchette, des formes géométriques, des fruits et même préciser des nuances de gris variant seulement de 15 %. Il a été capable de localiser et d’approcher une personne dans une pièce. Il a pu lire des mots formés de grandes lettres.

Pour tenter une telle intervention, les chercheurs sont partis d’un fait établi. Au cours des dégénérescences rétiniennes, si les photorécepteurs sont progressivement détruits, les cellules nerveuses continuent de fonctionner.

Le principe est donc de remplacer la fonction des photorécepteurs dégénérés par un système capable de transférer point par point la lumière arrivant sur la rétine. Le transfert se fait ensuite par un courant électrique dont l’intensité est proportionnelle au stimulus lumineux.

Pour y parvenir, les chercheurs ont mis au point un implant sous-rétinien (le MPDA, pour microphotodiode array) de 1 500 microphotodiodes, dont la forme rappelle celle d’une puce informatique. Les signaux sont amplifiés puis convertis en décharges électriques. La luminosité perçue par le patient dépend alors de l’intensité du courant électrique.

L’implant constitue l’extrémité terminale d’un faisceau électrique de 26 cm, sous gaine en silicone, dont la majeure partie (20 cm) circule par voie sous-cutanée.

Bien des étapes restent à parcourir avant d’obtenir ce que les chercheurs décrivent comme une vision stable, au contraste majoré, avec une bonne résolution spatiale et un champ visuel élargi, grâce à l’implantation de plusieurs « puces ».

Proc. R. Soc. B, publié en ligne le 3 novembre 2010, doi :10.1098/rspb.2010.1747.

Quotimed.com, le 03/11/2010

››› Voir les vidéos sur le site Royal Society Publishing

 Dr GUY BENZADON
Source : Lequotidiendumedecin.fr

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Santé au travail, médiateurs, coaching : comment Touraine veut « soigner les soignants » dans les hôpitaux

touraine

Attendu depuis des mois par la communauté hospitalière, le plan d'action du gouvernement visant à améliorer les conditions de travail des... 3

Vaccination par les pharmaciens, protection maternité : le budget de la Sécu définitivement adopté

vaccin ph

Le Parlement a adopté définitivement ce lundi, par un ultime vote de l'Assemblée nationale, le PLFSS 2017 (projet de loi de financement de... Commenter

Le nombre de cancers a augmenté de 33 % entre 2005 et 2015 dans le monde

En 2015, 17,5 millions de cas de cancer ont été recensés dans le monde, ainsi que 8,7 millions de décès, selon la dernière édition du... Commenter

A découvrir

l'annuaire du-diu

GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter

imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter