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Une patiente peu coopérative sur le Amman-Paris

 15/08/2012
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2006, vol Amman-Paris. Je me dirige vers le fond de l'avion pour satisfaire un besoin naturel, l'hôtesse devant moi : « Y a-t-il un médecin dans l'avion ? »

N'ayant pas ma carte professionnelle, je décline mon identité.

La patiente : femme musulmane de 27 ans, douleurs abdominales. 40 minutes au fond de l'avion. Patiente refusant de se faire examiner. Pilote demandant s'il faut détourner l'avion – nous sommes au-dessus de l'Italie ! Je finis par comprendre qu'elle a ses menstruations. 1 doliprane (rien d'autre à bord) et… je peux enfin aller aux toilettes !

Pas de remerciements (hormis de l'hôtesse) ni de la patiente, ni de qui que ce soit du groupe qui l'accompagnait.

Air France, quelques semaines plus tard : petit courrier de remerciements sans plus, pas de miles offerts !

Moralité: il vaudrait mieux s'abstenir.

Et deux questions :

1) Aurais-je pu faire signer une décharge avec témoins, faute de pouvoir examiner la patiente ?

2) Quitte à prendre des risques, peux-t-on donner une note d'honoraires, notamment à la compagnie qui sollicite notre intervention ?

> Dr Pascal JACOB

 
Les Commentaires | 10 commentaires
 
Le 22/08/2012 à 20h13
Profession : Médecin
« "Par bonheur, la médecine française forme d'excellents cliniciens" Je crois que vous allez un peu vite en besogne : je suis confronté ainsi que tous mes collègues quotidiennement aux indications d'examens en urgence ou non : on se demande vraiment si les patients sont examinés à la lecture de beaucoup d'ordonnances. »
Le 18/08/2012 à 13h33
Profession : Médecin
« Merci pour votre commentaire qui est plein de bon sens. Moi-même je suis intervenu dans des avions d'air inter à l'époque avec une trousse d'urgence indigente (je sais les vols durent moins d'une heure mais une heure pour un infarctus c'est trop long) et je n'ai jamais eu aucun signe de reconnaissance et même au contraire hostilité de la part des hôtesses. »
Le 16/08/2012 à 11h05
Profession : Médecin
« Confronté à passager ivre mort, vice consul d'une ambassade ! Acceuil médicalisé à l'arrivée plutôt que police ! par crainte HSD Bonne assistance de l'équipage et Milles. » Médecin en Mission Humanitaire
Le 16/08/2012 à 07h26
Profession : Médecin
« Pour avoir été plusieurs fois sollicité dans les avions de différentes compagnies, je peux témoigner que beaucoup de passagers sont, lors des vols long courrier, ivres, en manque (tabac), sous psychotropes... D'autres tentent le coup du malaise à bord pour se faire surclasser. »
Le 15/08/2012 à 16h34
Profession : Médecin
« Où est la Trousse Médicale Satellitaire sur Air France alors qu'elle figure sur d'permet compagnies, permet le diagnostic sûr et immediat et évite au pilote de détourner son appareil sous sa responsabilité ? » Dr S. W. Diplomé de medecine spatiale Agree aviation Civile
Le 15/08/2012 à 10h49
« La noblesse du métier c'est de prodiguer des soins à tout va mais une note de reconnaissance de la part des patients serait un bon remontant pour nous autres medecins à l'affût du moindre bobo. Parole de médecin de l'étranger. »
Le 15/08/2012 à 10h38
Profession : Médecin
« Un médecin français est tenu d’intervenir sur appel dans un avion (même d’une compagnie étrangère sur un patient non français…) sinon il est passible d’une plainte pour non assistance. Quand un médecin intervient, il devient automatiquement agent temporaire de la compagnie (si celle-ci a signé les accords internationaux). Son action n’est pas rémunérée (il y a eu des jurisprudences qui l’ont confirmé), mais c’est la compagnie qui est responsable de ses actes (sauf faute détachable). Certaines compagnies donnent des miles en remerciement (Air France notamment). Les médecins voyagent beaucoup et il y en très souvent un à bord en cas de problème. La trousse médicale disponible est assez bien équipée et finalement adaptée à la capacité d’intervention à bord. Il faut savoir que vous pouvez bénéficier d’une assistance par radio et que partout dans le monde l’équipage peut vous mettre en communication avec le SAMU de Paris. »
Le 15/08/2012 à 08h17
Profession : Médecin
« À lire ces anecdotes, je m'aperçois qu'il y a de l'amertume derrière ces interventions inopinées engendrée par un manque de reconnaissance évident poussant certains à s'étonner de ne pas être indemnisés (seul moyen de reconnaissance de notre société). TRISTE. »
Le 15/08/2012 à 07h58
Profession : Médecin
« En fait de note d'honoraires, aucun d'entre nous ne comptabilise les avis sur fibromes et autres appartés très techniques de dîners mondains, les certificats d'aptitude à la gymnastique réclamés en fin de consultation sur le pas de la porte, et le massage cardiaque que j'ai réalisé hier soir sur la plage en attendant la bruyante arrivée des pompiers qui m'ont écartée sans ménagement ni reconnaissance (20 minutes, j'ai mal aux bras mais tout le monde s'en fout, le patient a été choqué, sauvé) . Parfois, cela m'irrite. Une trace de reconnaissance serait bienvenue... »
Le 15/08/2012 à 07h38
Profession : Médecin
« C'est malheureusement devenu très risqué de donner des soins sans consentement, l'évolution de la responsabilité médicale incite naturellement à s'abstenir désormais, votre assureur vous le conseillerait ! La formation médicale, et cette fameuse éthique dont on nous charge mentalement dès notre passage sur les bancs de la Fac , nous pavlove à ce beau et louable côté chevaleresque d'un autre temps, qui consiste à donner des soins dans ces circonstances particulières, AVP, avion ..., et bien évidemment sans contrepartie si ce n'est d'avoir satisfait au dictat de notre Gimini Crikett personnel ! Ces circonstances qui, de plus, dépassent souvent nos compétences routinières et nous demandent de travailler sans outils, sans moyen diagnostique et pour la plupart d'entre nous sans expérience de la médecine d'urgence... Que de risques. Une organisation de soins et d'assistance en vol aérien serait souhaitable, avec en particulier effectivement si ce n'est une décharge de responsabilité, au moins une délégation d'assurance par celle de la compagnie aérienne, et des honoraires bien évidemment, tout cela décidé avant le départ. Est-ce aux compagnies d'assurer les soins en vol et de régler les honoraires ou à leurs clients de se débrouiller avec un hypothétique médecin volontaire non formé à cette pratique exceptionnelle ? Au lieu de cela, le flou absolu en nous laissant nous dépatouiller avec notre conscience pour solliciter un service encore et toujours à sens unique. Et si les règles douloureuses de cette personne avaient été un infarctus mésentérique ou une péritonite appendiculaire, en période de menstruations ? Par bonheur, la médecine française forme d'excellents cliniciens ! »

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