Je reviens du nord de la France où, à la demande de mon frère, président d’un Rotary, j’ai fait une conférence sur la toxicomanie. Je suis dans le Lille-Lyon.
Subitement un arrêt en rase campagne, environ à mi chemin de Paris et de Lyon. Le haut-parleur nous annonce que le TGV en direction de Nice qui est avant nous est lui-même arrêté en rase campagne. Un peu plus tard, nous apprendrons que nous allons le doubler mais que pour cela, la batterie de TGV qui monte sur Paris doit avoir dégagé l’autre voie.
Course au train
Ainsi nous arrivons à Lyon avec au moins 20 minutes de retard. Je dois prendre la correspondance du TER qui va sur Annecy, ma ville, TER qui nous a attendu. Le haut parleur de la gare nous annonce que son départ est imminent.
Je suis dans celui-ci depuis 5 à peine minutes lorsque le train s’arrête dans une petite gare et que l’on réclame un médecin dans la voiture numéro X. J’ai été médecin instructeur à la Sécurité Civile et sens que je peux être utile si un passager a eu un malaise important.
Je m’y rends donc et trouve un homme affaissé de 50-60 ans sur son siège, en état de mort apparent. Effectivement son pouls carotidien est absent. Aidé par un autre passager, je l’étends sur le sol et commence un massage cardiaque.
Je commence à fatiguer quand j’ai le bonheur de voir les pompiers appelés en renfort venir prendre le relais. Je reste en temps que médecin, au cas où... Peu de temps après arrive également le SAMU avec un défibrillateur.
Infarctus
On recherche quelle est cette personne que l’on essaye de ranimer et l’on trouve dans sa poche un chéquier des CCP. Il est de Rouen. Je me dis : « En voilà un qui était dans le Lille Lyon et qui n’a pas supporté la rapidité qui lui était imposée pour prendre le TER d’Annecy et a du faire un infarctus du myocarde. »
Malheureusement, avec regret, la réanimation finit par être arrêtée sans que l’on ait pu obtenir le résultat escompté. Le train enfin repart après 1 heure et demi d’arrêt et avec ce temps de retard sur Annecy. Bien sûr, je le sais, étant déjà intervenu dans le train, mes coordonnées ont été prises par le contrôleur.
Quelques jours après, à mon cabinet, j’ai la surprise de recevoir la femme et le fils du monsieur pour lequel j’étais intervenu. Ils m’apportent des gâteries de leur région pour me remercier de ce que j’avais essayé de faire. J’en suis à la fois très touché et un peu gêné vu mon résultat et celui de tous les intervenants.
Je les rassure et leur dis que le patient n’a absolument pas souffert. Ils m’annoncent que celui-ci devait avoir un pontage et cela me rend un peu fier du diagnostic que j’avais alors fait sur place des raisons du « malaise » de celui pour lequel j’avais œuvré.
Notre cardiaque se rendait à Aix les Bains où sa femme était en cure, la gare où devait s’arrêter le TGV avant Annecy d’autant que son sens de roulement devait changer…
Dr G . V.
Profession : Médecin
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