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Pour tenir l’ONDAM, l’IGAS suggère le blocage (voire la baisse) des tarifs pendant 5 ans

 20/07/2012
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Dans leur rapport rendu public jeudi par le gouvernement, les Inspections générales des affaires sociales (IGAS) et des Finances (IGF) préconisent de nombreuses pistes pour atteindre entre 10 et 14 milliards d’économies en 5 ans. Mais les gains espérés des restructurations, maîtrise des dépenses, et rationalisation du parcours de soins reposent sur une condition sine qua non : « Qu’aucune dépense nouvelle, et notamment aucune revalorisation, n’interviendrait pendant la période », écrivent les experts.

Si le gouvernement n’est pas tenu de suivre à la lettre ce rapport, et s’en est déjà démarqué sur d’éventuels déremboursements, il semble s’en être largement inspiré pour fixer l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) à 2,7 %. Il devrait aussi en tenir compte pour l’élaboration du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2013.

Petit précis pour atteindre « le juste prix »

Au-delà des efforts demandés à l’hôpital pour gagner en efficience, la mission conjointe IGAS/IGF table sur les soins de ville pour renflouer l’assurance-maladie. Elle vise en particulier les professionnels dont les hauts revenus ne sont pas « nécessairement justifiés par une technicité ou une compétence particulière ». Les médecins généralistes devraient être épargnés, comme les spécialités cliniques. En revanche, les spécialités techniques sont dans le collimateur : comprendre la radiologie et la biologie médicale. Les inspections estiment que 100 millions d’euros pourraient être épargnés en alignant les tarifs techniques gagnants sur les tarifs cibles de la classification commune des actes médicaux (CCAM). À condition, toutefois, précisent les experts, qu’il n’y ait pas de revalorisation des tarifs dits « perdants ».

Une révision des tarifs des radiologues, supérieurs de près de 5 % à la cible fixée par la CCAM, devrait dégager 250 millions d’euros sur 5 ans. Celle des biologistes pourrait épargner 200 millions d’euros sur la même période.

Enfin, les officines, dont le nombre devrait chuter de 10 % d’ici à 2016, pourraient voir leur marge unitaire diminuer, ce qui dégagerait 150 millions d’économies. Et la convergence tarifaire des différents types de transports sanitaires devrait faire gagner 100 millions d’euros.

Encadrement des prescriptions

Autre piste qui pourrait mécontenter les médecins, l’IGAS et l’IGF estiment qu’il faut sévir sur les prescriptions. « Cette démarche, sensible pour les médecins car pouvant être perçue comme une atteinte à leur liberté de prescription, s’inscrit dans une logique de qualité et d’efficience », reconnaissent-elles. La mission recommande d’aller plus loin que le contrat d’amélioration des pratiques individuelles (CAPI) et d’assigner des objectifs annuels de prescription, « au départ indicatifs, mais qui pourraient à terme devenir plus contraignants et faire l’objet d’éventuelles sanctions en cas de dépassement ». Tous les postes seraient visés : médicaments, mais aussi prescriptions de biologie, arrêts de travail, transports, soins d’auxiliaires paramédicaux. Les spécialistes et les médecins hospitaliers prescrivant en ville, devraient aussi être concernés. La mission attend de cette mesure 1,5 milliard d’euros de gains d’ici à 2017.

› COLINE GARRÉ

 
Les Commentaires | 8 commentaires
 
Le 27/07/2012 à 20h37
Profession : Médecin
« Voilà des décisions qui vont donner envie aux jeunes de devenir médecins. Encore une fois on taper sur le dos de la médecine libérale, mais cela permet de ne pas s'attaquer au fond du problème : le coût de l'hôpital public. »
Le 25/07/2012 à 10h54
Profession : Médecin
« Pendant ce temps, on augmente le nombre d'enseignants et on leur donne plus de vacances. Ça s'appelle le redressement dans la justice. »
Le 22/07/2012 à 07h44
Profession : Médecin
« Restructurez les hôpitaux ! Halte aux hospitalisations de jour coûteuses et souvent injustifiées pour certaines spécialités médicales où tout peut se régler avec des RDV en externe ! Voir en ville. Les libéraux ne sont pas responsable du trou ! Et tout le monde commence à le savoir ! »
Le 21/07/2012 à 10h57
Profession : Médecin
« On se fout de notre gueule ; cela fait des années que nos honoraires stagnent et notre pouvoir d'achat diminue car il faut bien augmenter notre personnel donc nos charges, nos fournitures nos loyers pour une retraite de misère ! Diminuons en premier les avantages faramineux et stupéfiants de nos députés et énarques au pouvoir ! Une médecin retraitée »
Le 21/07/2012 à 10h53
Profession : Médecin
« Demain on rase gratis ! Quel progrès ! (un autre radiologue) »
Le 21/07/2012 à 09h30
Profession : Médecin
« Dégraisser le mammouth. La France n'a pas besoin des hôpitaux locaux, mais d'u Hôpital de qualité soutenu par une médecine libéral de proximité et de maisons de retraite qui ne soit pas des mouroirs inhumains. »
Le 21/07/2012 à 07h10
« Il est tellement évident que les médecins prescrivent pour faire plaisir au pharmacien et pour faire travailler les copains ! »
Le 20/07/2012 à 22h36
Profession : Médecin
« Mort aux cons ! (un radiologue) »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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