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PLFSS 2013 : contre la décote de leurs actes, les biologistes menacent d’entrer en grève

 09/10/2012
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Lundi dernier, dans le cadre de la présentation du financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013, le gouvernement a annoncé des économies à hauteur de 155 millions d’euros sur l’imagerie médicale et la biologie. Cette septième baisse de revenus consécutive exaspère les biologistes, qui brandissent le spectre de la grève en représailles.

« Il faut en finir avec cette punition annuelle et systématique de la profession à chaque PLFSS, s’indique le Dr Didier Benchetrit, président du syndicat de biologie libérale européenne. Depuis deux ans, on a joué le jeu de la loi Ballereau [qui réforme en profondeur la biologie médicale, N.D.L.R.] avec la création d’une vingtaine de laboratoires de proximité l’an passé ; on a élaboré à un nouveau maillage territorial, on s’est organisés en réseau de sentinelles de santé publique… Aujourd’hui, nous sommes sanctionnés pour avoir fait notre travail ! ». Le PLFSS 2013 tel qu’il est annoncé entraînera la perte de 8 000 emplois dans le secteur, s’alarment les biologistes.

Arrêter des télétransmissions FSE

Désormais fédérées dans une nouvelle plateforme d’exercice professionnel (PEP), une vingtaine d’organisations syndicales et de réseaux de biologie médicale libérale se disent prêts à donner pour consigne à leurs adhérents de fermer leur laboratoire pendant l’examen du PLFSS.

« Nous sommes arrivés à un point de rupture, indique Richard Fabre, président du réseau Labster. Sans nous, on se demande comment Bercy va parvenir à supporter la cadence des 300 000 à 500 000 prélèvements effectués chaque jour en France ».

Les biologistes menacent aussi d’arrêter une semaine par mois (pendant six mois) les télétransmissions de feuilles de soins électroniques (FSE).

Enfin, ils s’apprêtent à mettre en place une campagne de communication sur « la destructions de la biologie de proximité » afin de « sensibiliser les 500 000 patients qui fréquentent quotidiennement [leurs] laboratoires et les 50 000 médecins qui recourent à [leur] expertise quotidiennement ».

En France, les laboratoires de biologie médicale emploient 45 000 personnes réparties sur 4 000 sites.

ANNE BAYLE-INIGUEZ

 
Les Commentaires | 12 commentaires
 
Le 11/10/2012 à 16h36
Profession : Pharmacie
« Les laboratoires sont pris en tenaille entre les 6 et bientôt 7 baisses de nomenclature en 7 ans, l'inflation à plus de 2% des fournisseurs (qui n'ont cure des baisses de nomenclature), d'une accréditation obligatoire surdimensionnée, débile qui n'apporte aucune valeur ajoutée au prescripteur et au patient. CA SUFFIT !!! »
Le 10/10/2012 à 23h32
Profession : Pharmacie
« Il faut maintenir un tarif convenable pour un acte global qui ne se réduit pas à l'analyse et en finir avec les actes inutiles vus chaque jour sur des prescriptions-parapluie monstrueuses. Messieurs les prescripteurs, votre solidarité ne vaut rien si vous continuez demain à prescrire des tartines d'actes biologiques inutiles, A vous de jouer. » Profession biologiste
Le 10/10/2012 à 12h47
Profession : Médecin
« Bravo. Allez jusqu'au bout. Un chirurgien. »
Le 10/10/2012 à 12h32
Profession : Médecin
« A nous de rester humains et près des patients (100 dos/jr max par biologiste exercant ++). A nous d'arrêter de promouvoir via une accréditation disproportionnée : l'impossibilité aux jeunes de reprendre ce beau métier. L'impossibilité à des vrais biologistes exercants et impliqués de reprendre des labos structurés comme des groupes de cliniques ! Médecin Biologiste. »
Le 10/10/2012 à 10h10
Profession : Pharmacie
« Dans le reste de l'Europe, les "labos" ne font que les analyses, ce sont des plateformes industrielles concentrées. La prise en charge des patients (prise de sang, formalites administratives) est opérée par les médecins qui sont aussi chargés de gérer complètement le post-analytique (rendu, gestion de l'urgence), les "usines" à analyses ne se chargeant pas du SAV. En France, il y a peut-être 5 fois plus de labos qu'en Allemagne mais les trois quarts ne sont plus des labos mais des centres de prélèvement, donc par rapport au service effectif la biologie francaise coute la même chose que chez nos voisins mais c'est toujours facile de récupérer 150 millions en tapant sur une obscure et microscopique profession qui a plus la culture du service au patient que celle de la grève et dont la capacité de nuisance est de toute facon nulle. »
Le 10/10/2012 à 07h15
Profession : Pharmacie
« Le confrère BENCHETRIT est dirigeant d'un groupe financier qui a déposé plainte contre l'ordre des pharmaciens à la commission européenne de la concurrence. Ces groupes financiers ont poussé les biologistes à leur vendre leurs laboratoires en racontant à la tutelle que la biologie industrielle ferait faire des gains de productivité en créant des plateaux techniques entourés de sites périphériques préleveurs et distributeurs de résultats sur le modèle économique des boulangeries industrielles et des terminaux de cuisson. L'arroseur arrosé ! » Profession: biologiste médical
Le 10/10/2012 à 00h00
Profession : Médecin
« Il y a en France autant de LAM que le reste de l'Europe, cherchez l'erreur. La biologie comme la radiologie est financée par la CNAM donc vos impôts. »
Le 09/10/2012 à 23h17
Profession : Médecin
« La baisse progressive des actes de biologie ne permet plus aux laboratoires de rester aux normes. Ce sont maintenant des groupes financiers qui rachètent les laboratoires privés ou mutualistes pour les rentabiliser en regroupant sur des plateaux techniques les activités les plus rentables au dépend du service de la proximité et même sous couvert de qualité de cette mçeme qualité... »
Le 09/10/2012 à 22h10
Profession : Médecin
« Mais où vont ils aller au gouvernement ???? Va-t-on arrêter de prendre les médecins pour des pigeons ???!!!! Rejoignez le site Facebook http://www.facebook.com/LesMedecinsNeSontPasDesPigeons vite !!! »
Le 09/10/2012 à 21h52
Profession : Médecin
« Bordel organisé pour déprécier la profession aux yeux des patients. Saloperie.... »
Le 09/10/2012 à 20h27
Profession : Médecin
« Il est grand temps de faire apparaître le vivier d' emploi que génère chaque spécialité. »
Le 09/10/2012 à 18h00
Profession : Médecin
« Bravo. C'en est assez. Nous ne disons et faisons jamais rien à part courber l'échine. Agissons maintenant. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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