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PLFSS 2013 : ce qui vous attend

 01/10/2012
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Le gouvernement a détaillé ce 1er octobre les principales dispositions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013. Le plan prévoit une économie de 2,4 milliards d’euros dans les domaines de la médecine de ville, les hôpitaux et les médicaments. Revue de détail.

• Un effort de 1,756 milliard d’euros sur les soins de ville

- Produits de santé, le coup de massue. Les mesures d’économies sur les produits de santé pèseront au total pour 876 millions d’euros en ville. Elles se traduiront par des baisses tarifaires sur les médicaments princeps et génériques (pour 530 millions d’euros) mais aussi sur les dispositifs médicaux (75 millions d’euros). Le PLFSS 2013 prévoit par ailleurs une harmonisation des baisses de prix afin de tenir compte de la chute des brevets (50 millions d’euros). « Les prix des molécules au sein d’une même classe thérapeutique seront mis en cohérence », précise le projet, pour un gain attendu de 95 millions d’euros. L’optimisation de la tarification des génériques doit rapporter 100 millions d’euros. L’évaluation du service médical rendu (SMR) de certaines spécialités représenterait quant à elle un gain de 26 millions d’euros.

- Spécialistes : de nouvelles décotes tarifaires

Les radiologues et les biologistes vont subir, cette année encore des baisses de tarifs pour un montant total de 155 millions d’euros (la répartition exacte de cet effort par spécialité n’a pas été précisée par Marisol Touraine). Les médecins se verront également demander une meilleure efficience de leurs prescriptions de transports de patients, associée à la mise en œuvre de plateformes d’organisation du transport (70 millions d’euros).

- Prescriptions 

Le gouvernement entend poursuivre une « action structurelle » sur les prescriptions et améliorer les pratiques pour un montant total de 605 millions d’euros. La maîtrise médicalisée des médicaments, des dispositifs et autres prescriptions visera notamment la prescription dans le répertoire générique et la délivrance des arrêts de travail grâce à de nouveaux référentiels.

Marisol Touraine veut s’appuyer sur les accords passés avec les professionnels de santé et plus particulièrement les médecins généralistes et les cardiologues, dans le cadre du paiement à la performance (P4P), pour soutenir cette politique. Une action de lutte contre l’iatrogénie médicamenteuse (15 millions d’euros) ainsi que le contrôle de certaines prescriptions d’exception (15 millions d’euros) sont également annoncés dans ce PLFSS.

- Haro contre les fraudes

La lutte contre les fraudes sociales, fraudes aux prestations mais aussi aux cotisations doit permettre d’apporter une économie complémentaire de 50 millions d’euros.

• Un train de mesures de 657 millions d’euros à l’hôpital

- Efficience interne.

L’amélioration de la politique des achats hospitaliers et l’évolution de l’organisation des pharmacies à usage intérieur doivent permettre d’économiser 314 millions d’euros.

- Gestion du risque.

Le gouvernement veut optimiser le recours à l’hospitalisation, la qualité des prises en charge et la pertinence des actes, mais aussi développer les techniques plus efficientes (chirurgie ambulatoire, prise en charge de l’insuffisance rénale chronique par dialyse péritonéale et développement des greffes). Il en attend une prise en charge moins coûteuse pour les patients (193 millions d’euros d’économie).

- Liste en sus.

Les baisses de prix du médicament ou des dispositifs médicaux (ainsi que l’adaptation des indications) affecteront les produits de santé facturés à l’assurance-maladie en sus du tarif d’hospitalisation pour un montant total de 150 millions d’euros.

› CH. G.

– Voir notre dossier « PLFSS : nouveau tour de vis pour les dépenses de santé »

 
Les Commentaires | 9 commentaires
 
Le 27/10/2012 à 19h09
Profession : Médecin
« Tous fonctionnaires, vive le socialisme à la française ! Décidément on n'y arrivera jamais car on connait les problèmes mais on refuse d'appliquer les solutions ! Tous les médecins sont "trop bien payés" c'est bien connu... »
Le 02/10/2012 à 11h53
Profession : Etudiant
« A "médecin", Il ne faut pas confondre, même si nos "penseurs énarques" font tout pour accumuler les amalgames "droite ligne du libéralisme économique..." qui engendre liberté, responsabilité et sanction en cas d'erreur et de faute et "capitalisme étatique" qui engendre privation de liberté, irresponsabilité et sanction d'autrui pour les fautes et erreurs commises par des irresponsables. La problématique est qu'une grande majorité souhaite la liberté, l'irresponsabilité et surtout pas de sanction en cas d'erreur. Mais, voilà le resultat.... Très loin de moi une idée de moralisation, mais tout de même il n'est pas necessaire d'être le truchement de la pensée commune. »
Le 02/10/2012 à 10h01
Profession : Etudiant
« Comment peut-on parler de l'IVG comme une solution de facilité choisie ? Parmi le ramassis d'horreurs que je peux lire ici c'est le pompon, vous me faites vraiment gerber. J'ai honte de mes confrères, et j'ai peur pour leurs patients. »
Le 02/10/2012 à 07h07
Profession : Médecin
« Y a qu'à faut qu'on ! »
Le 01/10/2012 à 23h27
Profession : Médecin
« On cherche des économies et d'un autre côté il faut faciliter l'accès aux soins ; on distribue l'aide médicale larga manu. La population vielllit bien grâce aux bons soins dont elle dispose ; or cela va aggraver les déficits. Les dépenses de santé ne peuvent que s'accroître ; hélas le tout gratuit et tout de suite c'est terminé . »
Le 01/10/2012 à 23h23
Profession : Médecin
« Et l'IVG "gratuite" (ou remboursée à 100%) qui remplacera la pilule non remboursable. Voici la contraception du futur. Bravo et merci à nos décideurs. »
Le 01/10/2012 à 22h15
Profession : Médecin
« Les mesures gouvernementales sont dans la droite ligne du libéralisme économique, politique et culturel. Rien de bien nouveau ou de spectaculaire pour les hospitaliers ou les travailleurs indépendants du secteur privé, ne ressort. Pourtant petit à petit, que les pouvoirs publics soient libéraux de droite ou de gauche, les médecins, quelque soit leur mode d’exercice, n’ont-ils pas le sentiment de devenir des employés du service de Santé civile? N’ont-ils pas la sensation de voir leurs compétences et leurs "prérogatives" déléguées pour ne devenir que des employés superviseurs? N’ont-ils pas un étrange goût d’amertume qui donne la nausée dans la mesure où ces mesures ne sont déterminées que par et pour des "raisons" ou plutôt des critères strictement économiques au sens de l’économie politique et pas celle des ménages… qui en feront moins vue l’effort fiscal qui leur est demandé malgré certaines promesses de justice sociale. »
Le 01/10/2012 à 22h13
Profession : Médecin
« En baissant les prix des médicaments et en contrôlant les prescriptions abusives, les génériques non fiables et dangereux deviennent inutiles. N'attendons pas un scandale sanitaire avant de les interdire. À quand le premier mort et une plainte des familles pour le faire admettre ??? » Généraliste qui ne supporte ce mensonge étatique sur les génériques
Le 01/10/2012 à 20h37
Profession : Médecin
« Encore le double d'efforts demandé à la Medecine de Ville par rapport à l'Hopital... Quel signal fort pour la Médecine ambulatoire donné par ce Gouvernement et MST. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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