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Les médicaments et un meilleur parcours de soins, clefs pour respecter l’ONDAM

 05/07/2012
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La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, et le ministre délégué au Budget ont présenté ce jeudi les conclusions de la première commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS).

La CCSS évalue le déficit prévisionnel du régime général à 15,5 milliards d’euros, soit 1,7 milliard de plus que ce que l’ancienne majorité avait anticipé lors de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) en 2011 (13,8 milliards). La réduction du trou de la Sécu, de près de 2 milliards d’euros par rapport à 2011, où il plafonnait à 17,4 milliards d’euros, est donc ralentie, en raison de la crise et de la baisse des recettes sur les revenus d’activité.

Après les mesures prises lors du collectif budgétaire mercredi, le déficit prévisionnel devrait atteindre 14,7 milliards d’euros. « Grâce à ces mesures complémentaires de redressement, le solde du régime général passerait pour la première fois depuis 3 ans sous la barre des 15 milliards », soulignent les ministères de l’Économie et de la Santé.

Dans le détail, après mesures correctives, la branche maladie devrait accuser un déficit de 6,7 milliards (5,2 pour la retraite, 2,7 pour la famille et de 0,1 pour la branche accidents du travail). Il était de 8,6 milliards l’an passé.

Une seconde mise à jour des comptes aura lieu à l’automne. Marisol Touraine a indiqué que les discussions de cette première commission des comptes seront prolongées lors du sommet social du 9 et 10 juillet.

Des réformes structurelles

« Le gouvernement a fait le choix de faire de la santé une priorité en fixant l’objectif national des dépenses de l’assurance-maladie (ONDAM) à 2,7 % pour 2013, au lieu de 2,5 % en 2012 », a rappelé Marisol Touraine. Un compromis entre la promesse d’un taux à 3 % faite par François Hollande lors de sa campagne présidentielle et les 2,5 % préconisés par la Cour des comptes. Le gouvernement devra trouver 4,6 milliards d’euros supplémentaires par rapport à l’année dernière, tout en freinant l’évolution tendancielle de l’ONDAM (estimée à 4 %).

« C’est une nécessité d’engager des réformes structurelles » a déclaré Marisol Touraine, sans rentrer vraiment dans les détails. « Nous n’en sommes pas encore à élaborer le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 » a-t-elle souligné.

Les prix des médicaments seront revus à la baisse, notamment ceux des génériques. Des efforts en terme de maîtrise des prescriptions, notamment celles à destination des personnes âgées, sont prévus.

Le médecin de proximité, clef de voûte du système

Des gains d’efficience dans l’amélioration du parcours de soins sont recherchés à plusieurs niveaux. Les agences régionales de santé devraient avoir de plus grandes marges de manœuvre pour développer l’offre de soins de proximité. « Le médecin, le soignant de proximité sera l’une des clés de voûte du système. On a beaucoup parlé du parcours de soins, mais pas assez agi » a expliqué Marisol Touraine, taclant le précédent gouvernement. Le développement de la chirurgie ambulatoire sera accéléré.

À l’hôpital, qui restera « au cœur du dispositif de santé » a promis Marisol Touraine, des restructurations seront opérées, parallèlement à l’amélioration des conditions de travail. Les achats hospitaliers devraient être optimisés et une réflexion est en cours sur l’élaboration de financements innovants pour les investissements immobiliers.  

Enfin, le gouvernement attend de la loi de finances rectificative un apport de recettes de près de 1,5 milliard d’euros. « L’accord des participants de la CCSS a été très majoritaire sur la hausse du forfait social, la hausse de 2 points du prélèvement sur les revenus du capital, la hausse des taxes des stock-options » a indiqué Jérome Cahuzac.

Plus de précisions dans notre édition de lundi 9 juillet 2012.

COLINE GARRÉ

 
Les Commentaires | 3 commentaires
 
Le 08/07/2012 à 14h17
Profession : Médecin
« Mme Touraine affirme qu’aucun déremboursement n’est programmé à ce jour. Mais, une enquête commanditée par la Fédération hospitalière de France (FHF) auprès de médecins par internet, affirme que 28% des actes médicaux seraient inutiles. Personne ne songe à « dérembourser » la totalité de ce type d’actes qualifiés d’inutiles, selon le président actuel de la FHF laquelle fut présidée par Mr Evin. Alors, pourquoi dire que la totalité de ce type d’actes ne sera pas déremboursée, sinon pour formater l’opinion qu’une certaine partie de ce type d’actes le seront. Ce même président de la FHF estime que les médecins seraient arrivés à maturité d’abord pour admettre qu’un certain nombre de leurs actes peuvent ne pas être remboursés, et qu’en plus ce serait la faute aux patients qui en demandent toujours plus. Il est à craindre, qu’après nombre de déremboursements, franchises et autres participations forfaitaires, l’assuré social se verrait encore et encore ponctionner, taxer surtout lorsqu’il est malade et encore plus s’il n’a pas une « vraie maladie » selon des critères qui restent à définir. »
Le 06/07/2012 à 11h46
Profession : Médecin
« Le gouvernement s'attaque aux dépassements d'honoraires, non remboursés par la Sécurite sociale, je ne vois pas en quoi cela va résoudre le TROU, alors que si tous les médecins étaient en secteur 1, la participation des caisses à nos retraites augmenterait le dit "TROU" »
Le 06/07/2012 à 08h39
Profession : Médecin
« Toujours mis en avant, mais jamais "honoré", telle est la longue saga du médecin de proximité, toujours vanté par les politiques et organismes de tutelle.......on nous prend vraiment des billes ! »

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Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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