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Génériques, maîtrise médicalisée : les pistes de la CNAM pour économiser 2,2 milliards en 2013

 17/07/2012
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L’assurance-maladie vient de rendre publiques les 35 pistes qu’elle propose au gouvernement pour réaliser 2,2 milliards d’euros d’économies et contenir la hausse des dépenses de santé à 2,7 % en 2013 dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Sans mesures correctrices, ces dépenses progresseraient naturellement de 4 % par an.

Dans un document baptisé « Charges et produits », qu’elle doit adopter lors d’un prochain conseil, jeudi, l’assurance-maladie préconise une évolution des tarifs des produits de santé (850 millions d’euros), médicaments et dispositifs médicaux. Elle recommande également de poursuivre la maîtrise médicalisée des soins de ville (550 millions), l’efficience hospitalière sur les achats (210 millions), l’ajustement des tarifs des professionnels de santé (150 millions), l’amélioration des prescriptions médicamenteuses à l’hôpital (150 millions) ou encore la lutte contre la lutte et les abus en ville et à l’hôpital (100 millions).

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Comme nous l’avions déjà évoqué, la CNAM veut réduire le coût de la prise en charge des arthroscopies du genou, de la chirurgie des hernies et des varices, des cancers colorectaux mais aussi du diabète et de l’insuffisance cardiaque.

Aménager la fixation des prix des médicaments

Mais le principal gisement d’économies demeure la baisse des prix du médicament et de certains dispositifs médicaux. « Il existe des marges d’efficience dans les dépenses de produits de santé, affirme l’assurance-maladie. Les prix des médicaments génériques sur les huit principales classes thérapeutiques apparaissent parmi les plus élevés en France par rapport à six pays européens qui ont mis en place des dispositifs différents de fixation des prix ».

La CNAM préconise de « développer la place du générique et aménager le système de fixation des prix ». Elle suggère de porter la décote des génériques à 70 % du prix du médicament original (princeps) contre 60 % depuis fin 2011 et appelle à organiser le système de négociation des ristournes obtenues par les

officines sur le médicament générique.

« Les baisses de prix obtenues par la négociation du CEPS (comité économique des produits de santé) s’avèrent insuffisantes, estime la CNAM. L’objectif devrait être de faire émerger le véritable prix du générique, en donnant aux pharmaciens la possibilité de négocier dans des limites élargies, tout en permettant à l’assurance-maladie de bénéficier des fruits de la négociation par le biais d’une obligation déclarative ».

› CHRISTOPHE GATTUSO

 
Les Commentaires | 6 commentaires
 
Le 18/07/2012 à 18h01
Profession : Médecin
« Les génériques ont été développés pour générer des économies de santé, à la condition qu'ils soient parfaitement superposables aux princeps ; il semblerait que cela ne soit pas le cas ! ! ! (demandez aux neurologues pour les anti-épiléptiques !). S'ils ont fait gagner de l'argent à quelqu'uns : c'est certainement aux pharmaciens d'officines (cf ces génériques de l'Amoxicilline plus chers que le Princeps !!). Les économies ne sont peut-être pas là où les politiques les escomptaient ; A bon entendeur ... »
Le 18/07/2012 à 13h49
Profession : Médecin
« Depuis que j'ai lu que dans certaines études en réanimation , il y a plus de décès les mois où sont prescrits des génériques par rapport aux mois où est prescrit les médicaments du fabriquant, ma religion est faite. Je n'ai pas adhéré au P4P et limite ma prescription de génériques. »
Le 18/07/2012 à 11h51
Profession : Médecin
« Le meilleur gisement d'économie serait une gestion plus efficiente de l'administration de la Sécurité sociale. Exemple : 3 courriers de même correspondant le même jour dans 3 enveloppes différentes ; 2 RAR idem pour des patients vus une fois pour Buprénorphine envoyés à tous les correspondants égale 4,58 euros fois 250 !!! Etc. »
Le 18/07/2012 à 00h24
Profession : Médecin
« Les bons médecins n'ont pas envie de devenir ministre ! Le choix de la politique est une forme de renoncement de l'exercice médical... »
Le 17/07/2012 à 20h32
Profession : Médecin
« Que le gouvernement nous donne des génériques à l'identique, en terme de composition et de galénique comme cela ce pratique ailleurs et nous en prescrirons... »
Le 17/07/2012 à 20h06
Profession : Médecin
« Il serait bien que les ministres proviennent des moins mauvais des médecins - les majeurs du concours d'internat. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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