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Soleil, le souci de nos vacances

 03/08/2012
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Méfiance. Le compagnon des vacances, celui qu’on espère chaque matin en ouvrant ses volets, serait plus à fuir qu’à idolâtrer. En voici les raisons objectives.

Le soleil est-il de bonne compagnie ? Non franchement, c’est une question que je pose en toute honnêteté, avec le calme nécessaire pour entendre tous les arguments. Il y aurait pourtant de quoi lui en vouloir, lui qui met en péril, sans vergogne, l’unité du pays : ainsi pourquoi privilégier les habitants du sud-est de manière si ostentatoire ?

Nous, les Franciliens (et du reste, la plupart de nos compatriotes, si on ne fait que se limiter à l’Hexagone), avons dû supporter un début « d’été pourri », à grand renfort d’averses et de coup de vent. Ce mois de juin aura été l’un des plus pluvieux en Ile-de-France depuis 1959, dixit Météo France, avec un ensoleillement « déficitaire » : entre le 1er et le 28 juin, Paris n’a compté que 131 heures de soleil contre 317 heures à Marseille. Juillet n’a pas été beaucoup mieux et tout reste à craindre pour août. Et bien, je ne vais pas m’en plaindre.

Du pour mais surtout du contre

On connaît bien aujourd’hui les risques liés à l’exposition aux rayonnements UV. Peut-on avoir l’esprit en paix lorsqu’il faut sans cesse penser à se protéger contre cet ennemi qui nous promet bonne mine ?

Passe encore de passer ses vacances blanc de crème solaire sous une casquette, lunettes noires fixées sur le nez. Mais il est hors de question de se limiter à la lecture et de se priver de toute activité sportive par peur du coup de chaleur. On ne craint rien sous la pluie, on peut y danser et chanter. Merci M. Gene Kelly.

Soleil ou ampoules buvables ?

J’entends bien les défenseurs de l’astre. Ceux qui nous disent que certaines dermatoses comme le psoriasis sont améliorées par le soleil. Sur cet exemple encore, il montre son caractère profondément pervers : à moi, il me provoque de l’acné aestivalis. Il y a toutefois cet autre argument qui, je l’avoue, est difficile à contourner, surtout quand on sait que les Français sont carencés en vitamine D. L’Institut Français Soleil & Santé poursuit son intense lobbying en rappelant que l’exposition solaire modérée est une méthode pour générer de la vitamine D qui n’entraîne « aucun risque de surdosage ».

Il me plaît pourtant de continuer à me borner aux ampoules de vitamine buvable. En outre, j’ajoute que, grâce à Eole - à qui je rends hommage -, nous n’avons connu que très peu de pics de pollution dans nos villes embouteillées. Il va sans dire que je suis prête à reconsidérer les faits pour peu que le soleil change d’attitude très prochainement et durablement.

STÉPHANIE HASENDAHL

 
Les Commentaires | 2 commentaires
 
Le 06/08/2012 à 09h07
« Bonjour, du contre oui, mais surtout du pour ! Prospective study of ultraviolet radiation exposure and risk of cancer in the United States: associant des données satellites de la NASA concernant l’exposition effective aux UV et le recensement des lieux de vie de ces personnes, 450 000 personnes suivies pendant 9 ans. Cancer dont le risque est augmenté par les UV : - Mélanome : risque augmenté de 22 % (HR = 1.22, 95% CI = 1.13-1.32; p-trend < 0.001) Cancers dont le risque est diminué par les UV : - lymphome non-Hodgkinien : risque diminué de 18 % (HR = 0.82, 95% CI = 0.74-0.92) - cancer du colon : risque diminué de 12 % (HR = 0.88, 95% CI = 0.82-0.96), - cancer du poumon : risque diminué de 14 % (HR = 0.86, 95% CI = 0.75-0.98) - cancer de la plèvre : risque diminué de 5 % (HR = 0.57, 95% CI = 0.38-0.84), - cancer de la prostate : risque diminué de 9 % (HR = 0.91, 95% CI = 0.88-0.95) - cancer du rein : risque diminué de 17 % (HR = 0.83, 95% CI = 0.73-0.94) - cancer de la vessie : risque diminué de 12% (HR = 0.88, 95% CI = 0.81-0.96) (all p-trend < 0.05) Les résultats montrent que d’autres cancers sont également moins fréquents chez les personnes recevant le plus d’UV : cancer de la thyroïde, cancer du pancréas… "La manque de soleil : le souci pour nos vies" CQFD. »
Le 03/08/2012 à 11h20
Profession : Médecin
« ATTENTION, cela ne s'applique pas que pour le soleil !!! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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