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Prothèses PIP : un chirurgien assigné en justice par la famille d’une porteuse décédée

 15/06/2012
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La famille d’Edwige Ligoneche, une porteuse de prothèses mammaires PIP défectueuses décédée en novembre d’un lymphome, a assigné en justice le chirurgien plasticien qui l’avait opérée, le Dr Denis Boucq. Katia Colombo, soeur d’Edwige Ligoneche, réclame au chirurgien, ainsi qu’à sa clinique de Nice, un total de 320 000 euros de dommages et intérêts -100 000 euros pour les souffrances endurées, 150 000 euros pour le préjudice de vie abrégée, 50 000 euros au titre du préjudice d’affection et 20 000 euros au titre du préjudice d’accompagnement -, a précisé son avocate Me Isabelle Colombani.

Le Dr Boucq avait posé à trois reprises des prothèses PIP, entre 2006 et 2010, à Edwige Ligoneche. Avant de mourir, cette patiente avait demandé à sa sœur d’entamer des actions en son nom contre le médecin mais aussi la société PIP ou l’AFSSAPS (l’ancienne Agence du médicament). Le cas d’Edwige Ligonèche est emblématique de ce scandale sanitaire : décédée à 53 ans des suites de son lymphome anaplasique à grandes cellules, elle est la première victime française des prothèses PIP. C’est à la suite de ce décès que le ministère de la Santé a sollicité a mise en place d’un comité de suivi des porteuses PIP auprès de l’Agence de sécurité sanitaire du médicament (l’AFSSAPS, ex ANSM) et de la Direction générale de la santé (DGS). L’explantation préventive avait été ensuite fortement conseillée à toutes les porteuses PIP. Fin avril, un total de 48 cas d’adénocarcinomes mammaires ont été déclarés chez les porteuses PIP.

Pour comprendre

Les autorités indiquent toutefois que ces données ne remettent pas en question l’avis de l’Institut national du cancer (INCa) qui statuait, en date du 23 décembre, que « les données disponibles aujourd’hui permettent de conclure à l’absence de sur-risque d’adénocarcinome mammaire chez les femmes porteuses d’implants en comparaison avec la population générale. Il n’existe pas de donnée à ce jour pour conclure à un sur-risque d’adénocarcinome mammaire spécifique à la prothèse PIP en comparaison aux autres implants ».

Pour le Dr Bruno Alfandari, président du Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE), il est normal que la famille se pose la question d’un lien de cause à effet. « La justice peut être une voie normale pour comprendre les choses même si ce n’est confortable pour personne », indique-t-il en s’associant à la douleur de la famille mais aussi à « notre confrère ». « Il a été marqué par l’histoire de cette patiente et pense s’en être bien occupé », assure le chirurgien.

L’avocate de la famille d’Edwige Ligoneche, qui déplore vivement que le Dr Boucq fasse partie du comité de suivi, a décidé d’engager une action en référé pour obtenir une provision de 30 000 euros sur l’indemnisation des préjudices définitifs et une provision de 7 000 euros sur les frais de justice. Les avocats des deux parties seront entendus le 19 juillet dans le cadre de cette procédure d’urgence dont le résultat sera connu sous huitaine.

STÉPHANIE HASENDAHL

 
Les Commentaires | 1 commentaires
 
Le 16/06/2012 à 00h15
Profession : Médecin
« Ils ont oublié les frais du cercueil ! »

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