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Procès des surirradiés d’Épinal : le radiophysicien s’explique

 04/10/2012
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Auditionné mercredi après-midi, au sixième jour du procès, le radiophysicien Joshua Anah a défendu son travail au centre de radiothérapie d’Épinal où il avait la charge jusqu’en 2007 du réglage des appareils dispensant les radiations. En mai 2004, le protocole de radiothérapie est modifié au profit d’un logiciel permettant de diminuer les rayons sur les organes proches de la prostate, changement qui suppose d’adapter le paramétrage assurant le calcul d’intensité d’irradiation.

Des conditions de travail difficiles

Dès le premier patient traité avec le nouveau logiciel, les paramètres rentrés par la manipulatrice, guidée par le radiophysicien sont faux. Et Joshua Anah ne relève pas l’erreur sur sa feuille de calculs. « Ça m’a échappé », glisse-t-il au tribunal, évoquant par ailleurs la difficulté de ses conditions de travail : « Depuis 2000, je répétais que je n’arrivais plus à m’en sortir seul, qu’il fallait un second physicien. » Également auditionné mercredi, l’une des cinq manipulatrices a de son côté décrit un radiophysicien travaillant « sans filet », entré dans une « course au pouvoir » afin de lancer des technologies plus modernes qu’à l’hôpital voisin de Nancy. Suite du procès lundi, après-midi.

› DAVID BILHAUT

 
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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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