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Procès des surirradiés d’Épinal : 12 décès au lieu de 7, selon le Dr Jean-Marie Simon

 03/10/2012
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Au cinquième jour du procès des surirradiés d’Épinal au tribunal correctionnel de Paris, un médecin a affirmé mardi que 12 personnes et non 7 étaient à ce jour décédées des suites des accidents de surirradiation survenus au centre hospitalier Jean-Monnet à Épinal (Vosges) entre 2001 et 2006. Depuis février 2007, le Dr Jean-Marie Simon indique avoir suivi un grand nombre des 448 victimes de ce drame. Selon lui, ces décès concernent 10 personnes du premier groupe des 24 surirradiés à 20 % entre mai 2004 et août 2005, ainsi que 2 des 424 surirradiés de 8 à 10 % entre 2001 et 2006. Deux autres personnes du premier groupe de patients sont décédées « d’autres causes », dont une par suicide, et douze autres présentent des « complications très graves ». Durant les séances de lundi et mardi, une quinzaine de victimes des accidents de surirradiation d’Épinal ont témoigné de leurs souffrances. Parmi elles, Jean-Claude Lercier, traité par radiothérapie au centre hospitalier Jean-Monnet à Épinal, entre mars et mai 2005 raconte son calvaire. « Les premiers symptômes sont apparus trois mois après les séances de rayon, des dérèglements intestinaux, des douleurs abdominales et rectales, des fuites qui s’aggravent jusqu’à se transformer en incontinence urinaire sévère », évoque-t-il. Depuis, les consultations médicales s’enchaînent, exigeant « une montagne d’énergie » dont il aurait bien besoin pour faire face à son cancer qui continue de progresser.

Usages aberrants

Mardi, deux experts dépêchés en mars 2007 au centre d’Épinal peignent un tableau sans équivoque du service de radiothérapie. Arrivés dans l’établissement pour prendre la relève des professionnels suspendus après la révélation de l’accident d’irradiation le plus grave, le Pr Didier Peiffert, radiothérapeute, et Alain Noël font état d’usages « aberrants » au sein du service. Sommant les manipulatrices de lui expliquer exactement le protocole de traitement suivi dans l’établissement, Alain Noël comprend qu’en plus d’une erreur de paramétrage du logiciel de dosimétrie ayant touché le premier groupe de 24 patients, une autre erreur liée à la non-prise en compte dans la dose totale de rayons reçus par les patients lors des contrôles radiologiques précédant la radiothérapie va élargir considérablement le nombre de victimes.

Le jour de cette découverte, raconte-t-il, le radiophysicien Joshua Anah, aujourd’hui mis en examen, appelle Alain Noël qui lui demande s’il compte agir « avec discrétion » à propos de ce dysfonctionnement. « Je pense qu’il savait ce que je venais de trouver », déclare Alain Noël. Ce dernier constate à l’époque que les « feuilles de matching », servant à enregistrer les doses de rayon administrées aux patients durant la phase de contrôle ont disparu des dossiers médicaux. Ce témoignage va dans le sens de celui du Dr Françoise Lalande, co-auteur du rapport IGAS/ASN, qui avait fait état lors d’une précédente audience de dossiers médicaux de patients « anormalement maigres ». D’après Alain Noël, c’est la raison pour laquelle les deux experts n’avaient pu expliquer à l’examen des dossiers, la quarantaine de cas supplémentaires mise en évidence durant leur enquête réalisée quelques mois auparavant à la suite du premier accident de radiothérapie. Au final, le nombre des victimes du second dysfonctionnement s’élèvera à 424.

› D. B. (avec AFP)

 
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