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Les enfants handicapés ont 4 fois plus de risques de subir des violences

 26/07/2012
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Double peine pour les plus de 93 millions d’enfants qui souffrent d’un léger ou sévère handicap dans le monde. Ils ont 3,7 fois plus de risques d’être confrontés à la violence que les autres enfants, selon une méta-analyse réalisée par The Lancet, à la demande de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’étude, menée par Lisa Jones (du Centre de santé publique de l’Université John Moores, Liverpool) et col. prend en compte les données de 17 publications, soit 18 374 enfants de pays à haut revenu (Espagne, États-Unis, Finlande, France, Israël, Royaume-Uni et Suède).

Dans le détail, les handicapés ont 3,6 fois plus de risques d’être victimes de violences physiques. Leur risque est 2,8 fois plus important de subir des violences sexuelles. Les plus lourdement handicapés (maladie mentale, déficiences intellectuelles) sont les plus vulnérables, avec un risque 4,6 fois plus grand d’endurer des sévices sexuels.

« Les résultats de cette étude prouvent qu’il y a une vulnérabilité disproportionnée des enfants handicapés face à la violence et que leurs besoins ont été négligés beaucoup trop longtemps », analyse le Dr Étienne Krug, directeur du département Prévention de la violence et du traumatisme et handicap à l’OMS.

Vers des stratégies spécifiques

À partir de ce constat, l’enjeu est d’élaborer des stratégies de prévention adaptées. « Nous savons qu’il en existe pour prévenir la violence et pour en atténuer les conséquences. Il nous faut maintenant déterminer si elles sont efficaces aussi pour les enfants handicapés. Un programme d’action doit être établi », développe le Dr Krug.

Ces enfants sont en effet particulièrement stigmatisés, discriminés, ou vulnérables, lorsque, placés en institutions, leurs capacités à communiquer ne leur permettent pas de dénoncer des abus. Les informations concernant le handicap font parfois défaut, notamment dans les pays à faible ou moyen revenu.

L’OMS suggère d’expérimenter (et d’évaluer) plusieurs actions qui ont fait leurs preuves en matière de prévention de la violence chez les enfants non handicapés, comme des programmes de visite dans les maisons de soins et des formations pour améliorer les compétences parentales, déjà mentionnés dans le Guide de l’OMS sur la prévention de la maltraitance des enfants.

L’organisation insiste surtout sur l’importance de l’environnement des handicapés. Les cultures terreau de violence de certaines institutions qui les accueillent doivent bien sûr être contrer. Mais c’est plus largement « la manière dont l’entourage traite un enfant qui conditionne énormément l’impact qu’aura son handicap sur sa qualité de vie », souligne le Dr Mark Bellis, directeur du centre de santé public de Liverpool, qui travaille en collaboration avec l’OMS. « Il incombe au gouvernement et à la société civile de veiller à exposer et à prévenir de tels processus de victimisation », conclut-il.

› COLINE GARRÉ

 
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