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Le risque infectieux chez les sans-abri, un enjeu pour tous

 21/08/2012
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Une étude publiée dans « The Lancet infectious diseases » confirme le lien étroit entre précarité et certaines maladies infectieuses comme la tuberculose, l’infection par le VIH ou l’hépatite C. Dans cette étude, les chercheurs, le Dr Seena Fazel et coll. ont examiné 43 études (60 000 personnes) dont une française, conduites entre 1984 et 2012. En dépit de fortes variations, la prévalence de ces trois maladies est plus élevée chez les personnes sans-abri dans la plupart des pays. Aux États-Unis, les prévalences sont 46 fois plus importantes dans cette population que dans la population générale pour la tuberculose, 4 fois plus pour l’hépatite C et 1 à 20 fois plus élevées pour le VIH. En Angleterre, les prévalences sont multipliées par 34 pour la tuberculose et par 50 pour l’hépatite C. Selon les auteurs, les taux d’infections chez les sans-domicile fixe peuvent être comparés à ceux d’autres groupes à risque, en particulier ceux observés dans la population carcérale.

Dépistage de la tuberculose

En termes de santé publique, les conséquences sont notables : le taux de mortalité chez les sans-abri est 4 fois plus élevé que dans la population générale. « Les maladies infectieuses chez les sans-abri peuvent être à l’origine d’infections communautaires », explique le Dr Fazel. On estime que 100 millions de personnes dans le monde n’ont pas de domicile et que ce nombre est en augmentation. Les États-Unis, en recenseraient plus 650 000 et le phénomène touche de plus en plus des familles ; le Royaume-Uni en compterait 380 000, de plus en plus jeunes. Les auteurs militent pour des politiques ciblées en direction de cette population et notamment pour une recherche active des cas de tuberculose même chez les personnes non symptomatiques. De même, les politiques de réduction des risques devraient inclure l’échange de seringues, la distribution de préservatifs et le traitement des infections associées.

Dans un commentaire publié dans la revue, le Pr Didier Raoult de l’Université d’Aix-Marseille partage le constat : le risque plus élevé de maladies infectieuses chez les sans-abri est un enjeu pour la population dans son entier. D’où l’importance des stratégies visant à réduire ces risques.

› Dr LYDIA ARCHIMÈDE

 
Les Commentaires | 1 commentaires
 
Le 21/08/2012 à 19h42
Profession : Médecin
« "Le risque plus élevé de maladies infectieuses chez les sans-abri est un enjeu pour la population dans son entier" : une évidence qui ne date pas d'hier, mais bonne à rappeler à ceux de nos politiques qui voudraient réduire la prise en charge sanitaire des sans-papiers, ou à ceux d'entre nous qui refusent les AME, voire les CMU. »

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