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Cancer du sein : l'opération Octobre rose est lancée

 26/09/2012
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La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé mercredi l’édition 2012 d’octobre rose, pour sensibiliser les femmes de 50 à 74 ans et les inviter à participer au dépistage organisé du cancer du sein. Tous les deux ans, chaque femme de cette tranche d’âge reçoit une lettre d’invitation pour se rendre chez le radiologue agréé de son choix, dont la liste est jointe au courrier. Pris en charge à 100 % par l’Assurance-maladie, sans avance de frais, l’examen consiste en une mammographie (deux radiographies par sein, face et oblique) et un examen clinique des seins. Toute mammographie jugée normale étant systématiquement relue par un second radiologue expert.

En cas d’anomalie, le radiologue effectue immédiatement un bilan diagnostique afin de raccourcir le délai d’une éventuelle prise en charge. En 2011, plus de 2,4 millions de femmes de 50 à 74 ans ont réalisé une mammographie dans le cadre du programme du dépistage organisé, soit 52,7 % de la population cible. En ajoutant les 10 % des femmes de la même tranche d’âge optant pour le dépistage individuel, seules 63 % des 50-74 ans se font ainsi dépister régulièrement.

Installer un réflexe

La campagne de communication d’octobre rose 2012 – « vérifiez de quand date votre dernière mammographie » – entend contribuer à installer la mammographie comme un réflexe dans le parcours de soins des femmes concernées. Cette huitième édition d’Octobre rose invite également les médecins généralistes à vérifier la date de la dernière mammographie de leurs patientes à partir de 50 ans. Un dispositif interactif va être mis en place sur le logiciel médical de gestion de dossiers patients « Axisanté », utilisé par plus de 11 000 omnipraticiens. Une fenêtre « pop up » se déclenchera lors de l’ouverture du dossier d’une patiente âgée entre 50 et 74 ans pour les inciter à aborder cette question en consultation.

Nouveaux outils

L’Institut national du cancer (INCa) met aussi à disposition des médecins généralistes une fiche d’information qui résume en deux pages les étapes du dépistage organisé du cancer du sein, la classification des résultats de la mammographie, les conduites à tenir en fonction du niveau de risque et les scores permettant d’orienter vers une consultation d’oncogénétique. De nouveaux outils d’information et de sensibilisation sont disponibles pour les patientes : une affichette de la campagne, un dépliant d’information, ainsi qu’une version traduite en six langues étrangères (arabe, turc, mandarin, russe, portugais et anglais).

Réflexion sur le dépistage

Réagissant à un article de l’UFC-Que-Choisir réclamant mardi le réexamen de données scientifiques contradictoires sur l’intérêt du dépistage du cancer du sein et les risques de surdiagnostic, Marisol Touraine a souhaité l’accélération des travaux actuellement menés en France à ce sujet – notamment par l’INCa - afin qu’ils « puissent être publiés aussi rapidement que possible », éventuellement dans le cadre d’un rapport d’étape. La ministre de la Santé considère néanmoins que « personne ne met en cause la pertinence du dépistage » dans le débat scientifique en cours. D’après l’Institut de veille sanitaire, le taux de cancers détectés dans le cadre de ce programme a été de 6,8 ‰ dépistages en 2008.

Un numéro thématique du « Bulletin épidémiologique hebdomadaire » publié à l’occasion du lancement d’octobre rose fait le point sur le dépistage et sur les controverses quant à son efficacité. Stephen W. Duffy et Eugenio Paci concluent ainsi leur réflexion sur les bénéfices et les risques du dépistage par mammographie : « Bien que les opinions individuelles sur l’intérêt du dépistage du cancer du sein puissent différer, le faisceau de preuves fournies par les essais et les programmes de dépistage organisé indique une importante réduction de mortalité par cancer du sein résultant du dépistage par mammographie. » Ces preuves, précisent-ils, « sont plus marquées pour les femmes âgées de 50 à 69 ans ». Le dépistage organisé permettrait de réduire la mortalité de 21 % alors que le niveau de surdiagnostic serait limité à 10 %.

› DAVID BILHAUT

 
Les Commentaires | 2 commentaires
 
Le 27/09/2012 à 18h45
Profession : Médecin
« Le surdépistage est inhérent au dépistage de masse. Le problème est de pouvoir le quantifier. Pour le sein, il serait de l'ordre de 10 à 25% selon les études. Pour le cancer de la prostate, de 60 à 80%. Quand arrête-t-on de doser les PSA ? »
Le 27/09/2012 à 14h51
Profession : Médecin
« Qui faut-il croire ? On nous disait que la courbe de mortalité n'avait pas bougé en 20 ans et que cela remettait en question le dépistage de masse ! La revue Que choisir et des émissions TV commencent à poser les questions que se posent depuis quelques années les épidémiologistes ! Qu'est ce qui cloche ? Quelle est la vraie prévention du cancer du sein ? »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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