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Cancer du sein : les délais de prise en charge varient du simple au double

 08/06/2012
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Une étude publiée par l’Institut national du cancer (INCa) met en évidence une grande hétérogénéité des délais de prise en charge des cancers du sein et du poumon sur notre territoire. L’enquête qui s’inscrit dans la mesure 19 du plan cancer a été réalisée en 2011 avec l’appui des réseaux régionaux de cancérologie et des observatoires régionaux de santé.

Ont été inclus, 2 530 cas de cancer du sein et 19 45 cas de cancer du poumon répartis dans huit régions françaises : Alsace, Auvergne, Franche-Comté, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Poitou-Charentes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour le cancer du sein, globalement la durée de prise en charge entre la mammographie et le début de la radiothérapie, en l’absence de chimiothérapie postopératoire s’élève à 106 jours en moyenne, soit 15 semaines. En cas de chimiothérapie postopératoire, cette durée est portée à 218 jours soit 31 semaines.

Deux semaines s’écoulent en moyenne entre la mammographie et le compte rendu anatomopathologique de la biopsie, puis trois semaines avant l’intervention chirurgicale. La proposition thérapeutique postopératoire advient en moyenne deux semaines après l’acte chirurgical et entre celui-ci et le début de la radiothérapie, 8 semaines s’écoulent en l’absence de chimiothérapie postopératoire et 26 semaines en présence de celle-ci.

Du simple au double selon la région

Plusieurs facteurs peuvent raccourcir ou rallonger fortement ces délais. L’âge a un effet sur l’accès à la chirurgie, celle-ci s’allongeant au fil des années. Le délai d’accès au diagnostic ou à la chirurgie s’avère plus long pour les cas de cancer découvert par dépistage spontané ou organisé que pour ceux découverts sur signes d’appels. Le délai d’accès à la proposition thérapeutique postopératoire est allongé en cas de découverte sur signes d’appels ou par dépistage spontané par rapport à une découverte par dépistage organisé. Le statut de l’établissement est aussi relié au délai d’accès à la chirurgie et au délai mammographie-radiothérapie, tout comme le type d’autorisation dont bénéficie l’établissement (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie). Selon les régions, les délais peuvent varier en moyenne du simple au double. Ainsi pour le diagnostic, le délai d’accès moyen varie de 11,3 jours en Auvergne à 25,4 jours en Nord-Pas-de-Calais. Pour l’accès à la chirurgie, le délai le plus court est observé en Franche-Comté (15,8 jours) et le plus long en Lorraine (28,8 jours). « Il reste toutefois difficile dans le format actuel de l’enquête d’appréhender le poids des facteurs organisationnels et sociodémographiques dans ces variations régionales », indique l’INCa.

Différences hommes-femmes

S’agissant du cancer du poumon, la durée de prise en charge entre l’imagerie et le premier traitement (chirurgie ou début de radiothérapie) est de 51 jours en moyenne, soit un peu plus de 7 semaines. D’une manière générale, trois semaines s’écoulent entre la première imagerie anormale et le compte rendu anatomopathologique de la biopsie, puis près de 2 semaines avant la proposition thérapeutique.

Entre la réunion de consultation pluridisciplinaire (RCP) et la mise en œuvre du premier traitement, il faut en moyenne 6 semaines et demie pour la chirurgie et moins de trois semaines pour la radiothérapie. Là encore, plusieurs facteurs impactent les délais de prise en charge : âge des patients, caractéristiques et statut de l’établissement, stade de la tumeur, mode de découverte du cancer. Si des différences de délais existent entre régions, celles-ci s’avèrent plus limitées que celles observées pour le cancer du sein, souligne le rapport.

Enfin, dans le cancer du poumon, les femmes ont tendance à avoir un délai d’accès à la proposition thérapeutique plus long que les hommes. Une seconde phase de l’étude sur les délais de prise en charge portant sur les cancers du côlon et de la prostate a débuté en avril dernier et a été élargie à 13 régions dont 2 régions d’outre-mer (Martinique et Guadeloupe, uniquement pour les cancers de la prostate). Les résultats seront disponibles à la fin de l’année.

› DAVID BILHAUT

 
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