Le quotidien du médecin en page d'accueil | Le Quotidien en favoris | Toute l'actu | Aide | Flux RSS

 

Accouchements déclenchés : des lacunes sur l’information et le consentement

 06/04/2012
  Imprimer  Envoyer par email
 
Le collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE) livre les premiers résultats de son enquête auprès des femmes, concernant le déroulement de leur accouchement. Cette étude montre que lorsqu’il y a déclenchement ou accélération du travail, l’information et le consentement restent insuffisantes.

Lors de leur accouchement, les femmes ne sont pas suffisamment informées des raisons et des conséquences du déclenchement ou de l’accélération du travail. C’est ce que révèle une enquête du collectif interassociatif autour de la naissance (CIANE), menée entre le 29 février et le 24 mars 2012, sur internet, auprès de 4 400 femmes. Les premiers résultats portent sur 3 979 réponses de femmes ayant accouché en milieu hospitalier classique, hors pôle physiologique, pavillon ou maison de naissance.

À plus de 90 % les raisons invoquées pour provoquer le déclenchement sont d’ordre médical. « Cependant un tiers des femmes qui ont été déclenchées disent ne pas avoir reçu d’information sur cette intervention et 36 % d’entre elles n’ont pas été sollicitées pour donner leur consentement », précise le CIANE. Informations et consentements sont liés, car plus on informe les femmes, plus on leur demande leur accord. « Il y a néanmoins 22 % des femmes à qui l’on demande un consentement sans leur fournir d’information sur le déclenchement », poursuit l’association. L’étude montre également qu’en cas de refus, le déclenchement peut tout de même avoir lieu : 2 % des femmes déclenchées disent l’avoir été contre leur volonté.

De plus, le déclenchement de l’accouchement est associé à un taux significativement plus important d’interventions avec un taux de césarienne multiplié par 2,4, 30 % d’épisiotomies en plus, 50 % de forceps, ventouses, spatules en plus, et 25 % de péridurales supplémentaires. « La lecture des témoignages qu’elles ont laissés permet de préciser le tableau : beaucoup de femmes considèrent que si elles avaient été correctement averties des conséquences possibles du déclenchement, elles s’y seraient opposées », souligne le CIANE.

Un vécu dégradé.

Les femmes ont un vécu sensiblement dégradé de leur accouchement, que ce soit sur le plan physique ou psychologique. Ainsi 36 % ont mal ou très mal vécu leur accouchement sur le plan psychologique, contre 21 % n’ayant pas eu de déclenchement. Ce rapport est de 33 à 20 % sur le plan physique.

Cette mauvaise expérience découle également de l’administration d’ocytocine, environ 30 % des femmes qui en ont reçu ont un mauvais souvenir de leur accouchement contre 14 % qui n’en ont pas reçu. « Un faisceau de présomptions conduit à penser que l’administration d’ocytocine pendant le travail se fait à l’insu des femmes dans un quart des accouchements non déclenchés », explique l’association. « En tout état de cause, 55 % des femmes qui disent avoir reçu de l’ocytocine n’ont pas été sollicitées pour exprimer leur consentement. »

Le Collectif interassociatif autour de la naissance demande une extension des études sur les raisons qui poussent au déclenchement. « Il est en effet temps d’évaluer sereinement la pratique du déclenchement : il est possible qu’elle permette d’éviter certaines césariennes, mais dans d’autres cas elle induit probablement des interventions inutiles », note le collectif. Il demande également que des actions soient entreprises pour que l’information délivrée aux femmes soit conforme a minima aux recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) sur le déclenchement et à celles du Collège national des gynécologues obstétriciens français sur le dépassement de terme. L’objectif est qu’un vrai dialogue puisse s’installer entre médecins et patientes pour qu’elles puissent participer aux décisions qui les concernent.

›CÉCILE RABEUX

 
Les Commentaires | 1 commentaires
 
Le 08/04/2012 à 18h27
Profession : Médecin
« Cela n'a aucun intérêt si on ne compare pas les causes du déclenchement. »

Publier un nouveau commentaire

Vous devez être inscrit pour commenter cet article et réagir à un commentaire.
 
 

Dossiers

Vies de médecin Portraits

Du 30 août au 3 septembre Congrès ESC 2014

Du 15 au 17 octobre, à Angers Journées thématiques de la SFMU

LES DOSSIERS DU QUOTIDIEN Au plus près de l'ado

Publicité
 
Publicité

Fiche pratique PAI

cap allergie

Santran - Sans Lien Apparent

Enquête Flash

L'appendicite, une urgence chirurgicale ?

Application du Quotidien du MÉdecin

Spécial médecin

i-Congrès médical
Les congrès médicaux à ne pas manquer ...
> Découvrir l’application

 

pave-permanent-v2c.jpg

eFMC

 
 
ALCOOL ET ASSOCIéS
 
Par le Dr Philippe CASTERA

L'Annuaire des DUDIU

 
carte-loisirs.png
 
Publicité
Afin de vous garantir un service optimal, le Quotidien du Médecin collecte des données personnelles vous concernant. Ces données font l’objet d’un traitement informatisé déclaré auprès de la CNIL. Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d'accès, de rectification et de suppression, pour motifs légitimes, sur ces informations. Sauf opposition préalable de votre part, ces données sont également utilisées afin de vous faire profiter des offres dédiées du Quotidien du Médecin et de ses Partenaires.