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Journée de prévention du suicide : Michèle Delaunay à l’écoute des âgés

 10/09/2012
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À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, la ministre en charge des personnes âgées et de l’Autonomie s’est rendue ce lundi matin au domicile d’une bénévole de l’association Au bout du fil (*) pour échanger sur la détresse des âgés et présenter des mesures de lutte contre le suicide des plus de 65 ans.

« Ces personnes me parlent de leur très grande détresse, de leur solitude, de la maladie. Elles se sentent inutiles et souhaitent mourir ou se laisser aller ». Mireille Dantel-Fort, la soixantaine pétillante, fait partie depuis 4 ans des 150 bénévoles qui téléphonent une à deux fois par semaine à des personnes âgées. Dans ces appels, la question de la mort revient dès que la vie n’a plus de sens. « Elles - car ce sont à 80 % des femmes - se fichent de prendre leur traitement, une ou deux me disent même qu’elles vont prendre toutes leurs pilules d’un coup », explique la bénévole à Mme Delaunay.

Chaque année, près de 3 000 personnes de plus de 65 ans mettent fin à leur vie, ce qui représente 30 % de la totalité des suicides en France. « Ces chiffres sont sûrement sous-évalués, surtout pour les décès à domicile : on ne cherche pas systématiquement les causes, on ne pense pas toujours aux médicaments ! », a expliqué la ministre déléguée.

Information et formation

Afin de briser les tabous, Michèle Delaunay entend d’abord « améliorer la remontée d’information » sur les causes de décès. Elle souhaite ensuite développer la formation des professionnels des établissements et surtout de l’aide à domicile, pour qu’ils repèrent davantage les signes de laisser-aller. Une mallette de documents devrait leur être distribuée. Le Pr Bruno Vellas, chef du gérontopole de Toulouse, devrait en outre réaliser un film à destination des associations. « Ces initiatives peuvent prendre forme dans de courts délais. Je suis prête à les financer », a déclaré Mme Delaunay.

Autre piste, les actions de voisinage seront développées et les acteurs de terrains (aînés ruraux, mutualité sociale agricole, petits frères des pauvres, caisses d’assurance vieillesse...) réunis autour d’une table. Enfin le Comité national de vigilance et de lutte contre la maltraitance des personnes âgées (créé en 2007, en sommeil depuis 2009) devra être réactivé - « avec un autre nom », a insisté la ministre. Elle entend aussi réaffirmer dans la loi le respect du droit d’aller et venir et du recueil du consentement lors de l’entrée en établissement. Ces mesures feront-elles l’objet d’un projet de loi séparé de la réforme de la dépendance, prévue pour le milieu de l’année 2014, ou y seront-elles intégrées ? « Ce n’est pas arbitré », a répondu Michèle Delaunay.

› COLINE GARRÉ

(*) Au bout du fil existe depuis 5 ans. L’association, composée de 150 bénévoles, passe 4 000 coups de fil par mois à des personnes âgées inscrites sur un registre.

 
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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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