« AVANT les années 1970, nous étions dans un système verrouillé, où les femmes vivaient leur sexualité dans la crainte de la grossesse et accouchaient dans la douleur, puis tout a basculé », se souvient Joëlle Brunerie-Kauffman, gynécologue depuis 1966. En à peine plus d’une décennie, une série de lois et d’événements transforme radicalement la condition féminine. Après l’autorisation de la contraception orale en 1967 (loi Neuwirth), le manifeste des 343 « salopes », signé en 1971 par des femmes qui ont avorté, « est un pavé dans la marre », selon la gynécologue. Il signe le début des avortements militants, réalisés clandestinement, parfois dans les appartements des 343 signataires ou dans les locaux du planning familial, grâce à la nouvelle canule de Karman. « Cela a ouvert la voie (…)
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du 05/08/2011