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Déserts, dépassements : Marisol Touraine précise ses plans

 13/06/2012
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Invitée de France Inter ce matin dans le 7/9, la ministre de la Santé est revenue sur la question des déserts médicaux et des dépassements d'honoraires. Elle a une nouvelle fois dénoncé les excès de certains praticiens et pointé du doigt « l’inflation des tarifs qui bloquent un certain nombre de malades ». Pas question pour autant, affirme Marisol Touraine, de mettre fin à l’exercice privée à l’hôpital ou bien encore de supprimer le secteur II. La ministre invite par ailleurs l'Ordre à jouer son rôle et à sanctionner les abus.

Elle promet à nouveau que la négociation sur le plafonnement des dépassements débutera à la fin du mois avec les acteurs concernés. Mais elle prévient : « Si elle n’aboutit pas, le gouvernement sera amené à faire des propositions législatives à la fin de l’année. »

Écouter l'intervention de Marisol Touraine sur France Inter :

> S. L.

 
Les Commentaires | 16 commentaires
 
Le 13/07/2012 à 12h11
Profession : Médecin
« Pour que les CDOM sanctionnent les abus, il faudrait que la CPAM nous transmette les dossiers. Ce n'est pas le cas ? Lors de la séance de début juillet du CDOM du Rhône que je présidais ( comme vice président) nous n'avions aucune données concernant ces abus. Notre ministre devrait connaître un peu mieux le fonctionnement des CDOM afin de ne pas dire des C..bêtises. Y a-t-il vraiment un abus pour un professeur qui a fait en moyenne 15 à 20 années d'études avant d'être nommé sur concours ! »
Le 07/07/2012 à 02h15
Profession : Médecin
« Encore une nouvelle usine à gaz française. Je plaide pour un seul secteur et bien remunéré. Tout le monde s'y retrouvera, patients y compris. Un medecin spécialiste de province. »
Le 16/06/2012 à 14h46
Profession : Médecin
« Je veux bien être salarié. Le statut de PH avec 35h pour tous. Il n'y aura plus de polémique inutile. »
Le 15/06/2012 à 20h18
Profession : Médecin
« Moi je ne comprends pas : pourquoi veut-on dévaloriser notre travail ? Pourquoi ne pas limiter les honoraires d'avocats, le prix de la baguette de pain, de l'essence, des forfaits internet, de l'immobilier... Limiter les abus, ok, mais quelle est la limite ? Pour la psy, une consultation de 2 heures ou de 20 minutes, c'est le même tarif : est-ce normal ? Signé : un psy qui prend le temps avec ses patients et qui ne pourra peut-être plus bientôt. Merci le PS... »
Le 15/06/2012 à 15h02
Profession : Médecin
« En tant que médecin retraité, et ayant un certain recul, c’est avec tristesse que je lis ces commentaires ! Quand comprendrez-vous, vous, médecins en exercice, secteur 1 ou 2, que PERSONNE ne peut faire votre travail ! Les études médicales sont longues, les responsabilités importantes (et de plus en plus recherchées), les horaires infernaux, les tâches administratives de plus en plus contraignantes (et non rémunérées), les taxes en constante augmentation, la démographie en baisse, la patientèle invendable, et la rémunération des actes ridicule ! Quand cesserez-vous d’accepter ces contraintes qui vous sont imposées, et que vos honoraires dépendent des ressources supposées de la Sécurité Sociale ? Quand ferez-vous preuve d’unité ? Nos confrères belges, en 1964 (je crois), se sont mis en grève et ont disparu dans la nature pour ne pas être réquisitionnés ; en trois jours, le problème était réglé !!! Pensez aussi au déconventionnement général, sans vous demandez si votre voisin le fera aussi. Vous avez les cartes en main, utilisez les !
Le 14/06/2012 à 15h03
Profession : Médecin
« La question principale (et cachée) est que les dépassements d'honoraires dépassent... DE QUOI ? De tarifs imposés et indignes. Obligeons les opticiens à travailler au tarif de remboursement de la sécu : le résultat ne se fera pas attendre. Arrêtons l'hypocrisie. »
Le 14/06/2012 à 09h20
Profession : Paramédical
« C'était comment les soins en URSS en 1979 ??? »
Le 14/06/2012 à 00h13
Profession : Médecin
« Je suis gynéco, une patiente (CMU) m'a raconté cet après-midi les déboires carcinologiques mammaires de sa chienne. La chirurgie lui a coûté plus de 700 eros. "Et encore, elle va avoir LA radiothérapie et LA chimio". Humiliation de la carte tendue. La santé des animaux n'a pas de prix. »
Le 13/06/2012 à 22h08
Profession : Médecin
« Marisol Touraine a tort d'avaliser le secteur privé à l'hôpital en voulant toucher au secteur privé. Le monde de la santé tourne sur le modèle d'une escroquerie organisée au nom de vouloir satisfaire les grands patrons, les mutuelles et autres secteurs privilégiés, en partie parce que le CNOM est incapable de défendre l'indépendance professionnelle des médecins. Surtout quand ce sont des médecins qui participent à l'organisation de ce système. »
Le 13/06/2012 à 22h07
Profession : Médecin
« Je lis dans un journal que l'on ouvre maintenant des bars pour poser de cheveux éphémères (chignon...) pour une soirée. 65 euros la pose et, semble-t-il, c'est très à la mode et l'on bouscule à la porte. Et ma CS à 23 eruos après 10 ans d'études, des FMC en pagaille et 25 ans de carrière ? Dans quel métier accepte-t-on encore cela ? Quelle dignité éprouvons-nous encore? Avant de parler de supprimer quoi que ce soit ou de faire le jeu des politiciens, réglons d'abord cette rétribution indigne de nos jours ! »
Le 13/06/2012 à 21h39
Profession : Médecin
« Pour que l'ordre des médecins sanctionne les abus, il serait bien que Mme Touraine oblige (par un décret) la Cnam à transmettre tous les abus et les chiffres des praticiens peu scrupuleux aux conseils départementaux . Médecin généraliste conseiller départemental. »
Le 13/06/2012 à 21h26
Profession : Médecin
« Les dépassements arrangent bien les politiques hypocrites car les mandarins de gauche ou de droite peuvent s'enrichir sur le dos des patients en toute impunité sans grever le budget de la Sécu. Quand les politiques auront le courage de supprimer le secteur II et les lits privés hospitaliers en rémunérant comme il se doit les médecins et en supprimant, par des quotas, les multiplicateurs d'actes inutiles ? » Un médecin généraliste secteur I...
Le 13/06/2012 à 20h21
Profession : Médecin
« Tout à fait d'accord, il me serait plus intéressant de fermer mon cabinet secteur I pour remplacer en secteur II. Et ce sans les contraintes que je subis en permanence. Même l'exercice salarié devient rentable avec horaires décents et tranquillité d'esprit. Ou est le hic ??? » Faut vraiment avoir le moral et aimer ses prochains... Sans compter que mon outil de travail disparaitra avec moi. Un de ces jours, plus personne ne voudra s'installer et le désert sera complet. Signé un ophtalmo secteur 1 qui accepte la CMU
Le 13/06/2012 à 20h01
Profession : Médecin
« Moi, ça me fait bien rigoler. Quand je vois les anesthésistes varois en secteur 1 qui font des dépassements systématiques, et qui ont leurs cotisations prises en charge. Ils ont tout compris. Tous les avantages, aucun inconvénient, aucune impunité. La CPAM ne dit rien, ni le conseil de l'ordre. On vit vraiment dans un drôle de monde. »
Le 13/06/2012 à 19h33
Profession : Médecin
« TOURNEZ MANÈGE... »
Le 13/06/2012 à 19h19
Profession : Médecin
« Et les pauvres médecins du secteur 1 ? Ils n'intéressent personne... Tout le monde paraît admettre le bon droit des dépassements pour compenser l'absence de revalorisation tarifaire des actes... Mais alors comment ne pas trucider définitivement l'exercice en secteur 1 ? Pourquoi ne pas ouvrir le secteur optionnel (qui du coup retrouverait son nom...) au secteur 1 surtout ? »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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