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Dépassements : quand Marisol Touraine réplique à Michel Cymes sur Twitter

 30/10/2012
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La ministre de la Santé n’a pas apprécié un message de Michel Cymes (@michelcymes), posté dimanche soir sur Twitter. Le médiatique présentateur du Magazine de la Santé, avait exprimé en quelques mots son étonnement devant le fort mécontentement de la profession médicale.

Sans les citer, le médecin évoquait le mouvement des médecins pigeons, la colère des spécialistes des plateaux techniques lourds qui cesseront leur activité le 12 novembre ou encore les internes qui se mettront en grève illimitée à partir du 12 novembre. « Jamais vu un ministre de la santé se mettre TOUS les médecins à dos en si peu de temps ! A ce point-là, c’est historique », tweetait le Dr Cymes dimanche, peu après 22 heures.

cymes_touraine.jpg

Marisol Touraine (@MarisolTouraine) a répliqué le lundi matin sur le même réseau social : « Jamais vu, auparavant, une ministre obtenir un accord sur les DH (dépassements d’honoraires) signé par la majorité des médecins, complémentaires et l’AM (Assurance Maladie)... »

Marre des amalgames

Sur le site www.allodocteurs.fr, Michel Cymes revient sur cet échange et précise le fond de sa pensée. « Je n’ai, de mémoire de médecin, jamais vu un tel vent de révolte parmi les médecins et même dans d’autres professions de santé, affirme-t-il. [...] Justifié ou pas, c’est le sentiment d’attaques permanentes qui exaspère les médecins. Des amalgames entre médecins vertueux et ceux qui pratiquent des honoraires indécents. Des guides sur les médicaments dits dangereux ou inutiles (P. Even et B. Debré) qui sous-entendent que les médecins seraient des incompétents corrompus par les labos et qui prescrivent des médicaments qui rendraient leurs patients encore plus malades tout en creusant le trou de la Sécu. »

Le présentateur prédit que la grève du 12 novembre sera « probablement historique », et met en garde la ministre de la Santé. « Si je peux me permettre un conseil... calmez le jeu », conclut le présentateur médecin.

› CHRISTOPHE GATTUSO

 
Les Commentaires | 19 commentaires
 
Le 01/11/2012 à 11h19
Profession : Médecin
« Bravo Michel Cymes. Honte aux destructeurs de la médecine ! » Profession chirurgien retraité
Le 31/10/2012 à 14h41
Profession : Médecin
« Bravo pour votre franc parlé, Monsieur Cymes, qui reflète le niveau du moral des médecins français. Merci par ailleurs pour votre humour. »
Le 31/10/2012 à 13h19
« Merci Michel Cymes. Devant tant d'amalgames et d'imprécisions, votre intervention est un baume... Une chose est sûre, la profession a perdu la bataille de la communication dans cette affaire de DH. Le 12 nov. pourrait être l'occasion d'inverser la tendance en rétablissant la vérité. Assez de : - ces politiques qui ont une gestion de la chose publique très "court-termiste" (réélection oblige); - ces syndicats qui ne représentent qu'eux-mêmes. Comment MST peut-elle se vanter d'avoir obtenu un accord quand on sait comment se sont déroulés les négociations. Comme si ça ne suffisait pas, elle poursuit en vantant la méthode du gouvernement actuel : dialogue et concertation... N'importe quoi ! »
Le 31/10/2012 à 10h08
Profession : Pharmacie
« Le monde de la santé est en train de s'écrouler ! »
Le 31/10/2012 à 10h08
Profession : Médecin
« "Les dépassements d'honoraires ne devraient plus exister" : si la sécu revalorisait les actes honnêtement, ça pourrait s'envisager... Quant à l'abolition du paiement à l'acte, encore faudrait-il que le système qui le remplacerait soit meilleur. Avez-vous une idée lumineuse (et réaliste), cher confrère ? »
Le 31/10/2012 à 09h13
Profession : Médecin
« Le seul reproche qu'on puisse faire à MST c'est de n'avoir pas aboli le paiement à l'acte qui aurait définitivement réglé le problème des dépassements. » P.Feiss Médecin
Le 31/10/2012 à 08h31
Profession : Médecin
« Décision d'être médecin à 6 ans ! Donc vraiment un choix. Etudes terminées à 22 ans, puis poursuite hôpital, remplacement, installation médecine générale en zone défavorisée. Toujours un choix. 70 ans, retraité exerçant toujours car je suis toujours censé aimer la médecine. Mais écoeuré par ce qu'on nous fait faire, papiers, lettres inutiles, de moins en moins d' actes utiles.Vraie médecine plus rapide par obligation. Et tout ce qu'on entend sur les médecins, les médicaments, etc... Jamais fait un dépassement. Et, moi (et bien d'autres) qui savait tout faire de par ma formation (remplaçant d'externe avant d'avoir le droit de passer le concours donc très jeune, puis remplacements exclusifs en campagne loin des CH, accouchements, petite et même moins petite chirurgie, urgences à la ferme, on n'allait pas à l'hopital même pour des choses graves, refus) j'ai l'impression d'un immense gachis de compétences et ne conseillerait pas aux jeunes de faire ce métier. Tout en y croyant encore dans un monde meilleur !!! Mais chacun est persuadé d'en savoir plus qu'un médecin et qu'ils sont tous nuls, alors que je ne me sens pas, pour moi, capable de prendre la place d'un décideur ou d'un industriel. Salut ! A la prochaine réincarnation ! »
Le 31/10/2012 à 08h18
Profession : Médecin
« Les dépassement d'honoraires ne devraient plus exister chez les médecins conventionnés ! et les consultations privées à l'hopital public non plus ! » Profession: medecin
Le 31/10/2012 à 07h11
Profession : Médecin
« Nous sommes comme en 1982 , lorsque j'étais jeune interne syndicaliste, nous faisions grève pour la conservation des acquis de l'internat, paiement des gardes, un peu manipulés par les patrons des CHU comme B. DEBRE, qui déjà, en avaient profité pour défendre leur secteur privé, le ministre de la santé était tombé !... Aujourd'hui, 30 ans après, moi aussi je suis un INTERNISTE, secteur 1, qui prend plus de 40 mn à consulter pour 25€ brut, certes les malades sont plus malheureux que moi mais je suis abasourdi de voir le système de santé complètement déstructuré !... Alors oui , attention !... Ce mouvement pourrait faire bouger les lignes !...mais dans quel sens ? !... » DR MF Marseille
Le 30/10/2012 à 23h52
Profession : Médecin
« Merci M.Cymes de traduire aussi bien notre pensée Personnellement j'ai horreur des gens, même ministre, qui abordent les problèmes par le petit bout de la lorgnette, c'est à-dire sans les traiter en profondeur. » Profession : Médecin
Le 30/10/2012 à 23h02
Profession : Médecin
« Michel Cymes Président ! »
Le 30/10/2012 à 23h00
« L'humilité que nous apprenons face à nos patients et face à leurs maladies n'est pas une fois de plus, le fort des politiques ! Bravo Michel Cymes pour l'authenticité de vos déclarations. »
Le 30/10/2012 à 23h00
Profession : Médecin
« Est-ce que MariFolle débloque ? »
Le 30/10/2012 à 22h47
Profession : Médecin
« Roselyne ! Au secours ! »
Le 30/10/2012 à 21h09
Profession : Médecin
« Déjà, j'appréciais beaucoup Michel Cymes mais là je l'adore ! Journaliste et indépendant et médecin : bravo ! »
Le 30/10/2012 à 21h07
Profession : Médecin
« Je confirme, la grève va être historique. Marisol Touraine est sur un siège éjectable. »
Le 30/10/2012 à 19h56
Profession : Médecin
« Merci Michel Cymes ! BRAVO. BON diagnostic. M S T ne passera pas. Signé : un ENDOCRINO INTERNISTE qui prend le temps de voir ses patients comme un interniste. Sait-elle au moins ce qu'est un INTERNISTE ? »
Le 30/10/2012 à 19h39
Profession : Médecin
« Ceux qui ont voté pour apprécieront. »
Le 30/10/2012 à 18h09
Profession : Médecin
« Merci cher Michel Cymes. Enfin une marque de confraternité! Ça remonte le moral... »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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