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Une pharmacienne déconventionnée pour n’avoir pas suffisamment délivré de génériques

 31/08/2012
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L’Assurance-maladie a déconventionné pendant un mois une pharmacie des Deux-Sèvres pour n’avoir pas suffisamment délivré de médicaments génériques.

L’officine, située à Airvault, à une soixantaine de kilomètres de Niort, a reçu une notification de sa caisse primaire en juillet expliquant qu’elle ne pourrait appliquer aux clients le tiers-payant sauf si elle embauche un pharmacien remplaçant conventionné.

L’Assurance-maladie avait demandé à la pharmacie de délivrer 60 % de génériques en 2011, mais celle-ci n’a atteint qu’un taux de 50 %, a affirmé à France-Info sa co-gérante, Jacqueline Girardeaux.

La Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) des Deux-Sèvres a quant à elle indiqué que les pharmaciens mis en cause n’ont pas appliqué l’accord conventionnel du tiers-payant générique signé en avril dernier par l’Assurance-maladie et les syndicats de pharmaciens. « Le taux de distribution de médicaments génériques dans l’officine incriminée se situe de 30 à 50 % alors que la majorité de la profession dans le département affiche des taux compris entre 75 et 80 % », a déclaré au « Courrier de l’Ouest » Julien Bouchereau, responsable régulation-juridique de la CPAM locale.

Les médecins boucs émissaires

Pour sa défense, la pharmacie met en cause les prescripteurs. « J’ai un médecin qui est le principal prescripteur qui met "non substituable" sur tous les produits, explique Jacqueline Giraudoux. Je ne pouvais pas faire mieux étant donné que j’étais barrée dans mon exercice avec des NS. »

S’estimant victime d’une injustice, la pharmacienne entend faire appel de son déconventionnement auprès du Tribunal des affaires sanitaires et sociales. La pharmacienne a par ailleurs assuré ne pas être contre les génériques « mais pour délivrer des génériques de qualité ».

Appelé à commenter ce déconventionnement, le directeur de l’Assurance-maladie a déclaré qu’elle était « exceptionnelle ». « Seulement deux sanctions de ce type ont été prononcées sur le territoire national, a déclaré Frédéric van Roekeghem à France Info. Cette pharmacie est celle qui a les plus mauvais résultats du département en termes de délivrance de médicaments génériques. Dans le village où cette dame exerce, la 2e pharmacie qui travaille avec les mêmes médecins obtient un taux de substitution de 80 %. »

L’Assurance-maladie veut relancer la délivrance de médicaments génériques. Depuis l’accord tiers payant contre génériques signé en avril, l’Assurance-maladie a enregistré une hausse de la substitution de 10 % au niveau national et de 25 % à Paris. La CNAM souhaite atteindre un taux de 85 % d’ici à la fin de l’année. A la mi-août, il était de 76,7 %, indique l’Assurance-maladie.

› CHRISTOPHE GATTUSO

Voir notre article du 6 juin 2012 : « Les médecins abusent-ils du « non substituable » ? Polémique entre la CSMF et les fabricants de génériques »

 
Les Commentaires | 16 commentaires
 
Le 11/09/2012 à 15h01
Profession : Etudiant
« Et que dire du "non substituable" quand on prescrit en DCI ? »
Le 02/09/2012 à 16h41
Profession : Médecin
« Et, si puisse qu'il sait maintenant faire preuve d'autorité, le gouvernement ramenait le prix de princeps à celui des génériques!! »
Le 02/09/2012 à 11h00
« L’Académie nationale de médecine recommande la prudence quant à l’utilisation des médicaments génériques, car ceux-ci ne seraient pas des « copies conformes » du médicament original, ce qui nuirait à leur efficacité. Tout est dit !!! Comment peut-on déconventionner une pharmacienne à ce sujet ??? Une honte. »
Le 02/09/2012 à 10h00
Profession : Médecin
« Pendant ce temps, l'industrie pharmaceutique licencie, concentre ses activités hors France, et nous, nous battons des records dans notre taux de chômage. Continuons, nous allons droit dans le mur !!! »
Le 01/09/2012 à 20h38
Profession : Médecin
« Dernière nouveauté de la collection automne-hiver de la CPAM, il faut pour que le 1/3 payant soit appliqué par les pharmaciens que nous précisions en face de chaque médicament " non substituable ". Il est exclu que j'accepte de faire "des lignes" : "tu ne donneras pas de génériques à ton voisin, mon patient, ton copain, car ce n'est pas bien" Je ne suis plus à l'école primaire. Cette décision est soit le fruit de la bêtise et du mépris pour la fonction de médecin, soit le désir de pourrir l'exercice professionnel afin que patients et médecins cèdent. Je crains que la deuxième hypothèse ne soit la bonne. Sauf pour les anti-épileptiques et les extraits thyroïdiens, je me moque des génériques comme de mes premières gouttes nasales. Mais lorsque nous pratiquons la médecine, nous savons que la façon d'examiner puis de donner un traitement compte énormément dans le résultat. Beaucoup de décideurs ne sont pas des praticiens. Nous ne faisons pas le même métier, nous n'avons pas la même culture mais nous nous occupons des mêmes malades. Je préviens mes patients qui ne veulent aucun générique et les pharmaciens de mon refus à "faire des lignes". Je précise aux patients qu'ils ont le droit de refuser les génériques et que le pharmacien n'appliquera pas le 1/3 payant. S'ils sont mécontents qu'ils consultent la CPAM, leurs députés, que sais-je? Il est évident que je continuerai de demander la substitution lorsque je le jugerai nécessaire médicalement. Ce refus de mentionner ligne par ligne la non-substitution n'est pas négociable. Il est vraiment dommage et désolant de voir l'exercice professionnel, les relations médecin-patients-pharmaciens, pourris par de telles décisions. Le pharmacien déconventionné va apprécier la fidélité des patients, certains sont tellement habitués à ne jamais payer.... Qu'il garde le moral, beaucoup resteront fidèles et l'image de l'Assurance-maladie n'en sortira pas grandie. Il est des circonstances où bien que respectueux des lois et règlements, il faut savoir dire non. « Ils ont préféré le déshonneur à la guerre et ils auront les deux ».> > Churchill Tristement votre, d'un fidèle partisan d'une assurance-maladie, solidaire, équitable, correctement administrée, véritable partenaire dans la lutte contre la maladie et les souffrances de ses assurés et pour le travail dans la sérénité des professionnels de santé. »
Le 01/09/2012 à 11h20
Profession : Médecin
« Mais à qui profitent les génériques ? Certainement pas à la sécu qui les remboursent souvent au même prix que les princeps, qui payent une prime aux médecins et pharmaciens qui sont dans les clous et aussi tous les frais dus aux confusions, doublons et autres... Qui a le bras assez long pour déconventionner une pharmacie ??? »
Le 01/09/2012 à 09h56
Profession : Médecin
« Il faudrait maintenant que nos prescriptions soient libellées en classes thérapeutiques selon les recommandations et à charge à la CNAM d'autoriser la délivrance de tel ou tel produit. »
Le 01/09/2012 à 08h52
Profession : Médecin
« Une brebis galeuse et un tueur en série !! Facile de faire la loi et de jouer au shérif !! Comme quoi il n'y a plus d'humanité dans nos métiers .... L'ambition tue, ne rêvez pas !! La CNAM est là pour le rappeler !!!!! ...... »
Le 01/09/2012 à 08h31
Profession : Médecin
« Inique ! »
Le 01/09/2012 à 06h50
Profession : Médecin
« N'ont qu'à aller à Availles-Thouarsais ! Les péquenots ! Ou à Soussiny avec leurs tracteurs ! Non mais ! Avec cela ils veulent la liberté de prescription ! Vous avez déjà vu cela dans les pays de l'Est ! »
Le 01/09/2012 à 03h54
Profession : Médecin
« Super on va continuer à marquer de la m.... »
Le 01/09/2012 à 00h38
Profession : Dentiste
« Quelle honte ! »
Le 31/08/2012 à 23h44
Profession : Médecin
« CE DÉCONVENTIONNEMENT EST TOUT SIMPLEMENT INADMISSIBLE ... UNE HONTE QUI DÉSHONORE L' HUMANITÉ . Voilà , c' est enfin lâché !!! ... Ah , comme ça fait du bien. »
Le 31/08/2012 à 22h59
Profession : Médecin
« Quant les médecins vont-ils prendrent la décision de porter plainte contre le patron de la Cnam pour Mise en danger d'autrui et homicide volontaire en nous obligeant à presrire des produits non fiables Cf académie dé médecine » Médecin généraliste limogé
Le 31/08/2012 à 22h39
Profession : Médecin
« Générique merdique, médicaments à deux vitesses...Pauvre France...On s'enfonce, on s'enfonce...Et les Tartuffes de la Cnam qui font semblant de croire que les génériques c 'est idem..Si ça se trouve ils demandent à leur MG de rajouter NS en douce... »
Le 31/08/2012 à 21h47
Profession : Pharmacie
« Une suggestion simpliste pour faire des économies (je suis même étonné que nos savants énarques n'y ait pas pensé ) : supprimons le tiers-payant !! Evidemment ça emmerderait du monde, surtout à la SS !! Mais ce serait peut-être plus efficace que toutes ces décisions imbéciles pondues par des administratifs sans contact avec la réalité. Quoiqu'il en soit, 75% de substitution moyenne est un résultat excellent : que faut-il de plus? Probablement un exemple pour montrer ses muscles !! » Profession : Pharmacie.

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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