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Médicament : appel de professionnels de santé pour la publication d’un répertoire officiel

 08/10/2012
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Cinq professionnels de santé ayant pignon sur rue, les Prs Jean-François Bergmann (vice-président de la commission d’AMM à l’Agence nationale de sécurité du médicament, chef du service de médecine interne à Lariboisière), Alain Gaudric (ophtalmologiste, Lariboisière), Éric Thervet (néphrologue, HEGP), François Chast (pharmacien des hôpitaux, Hôtel-Dieu), et André Grimaldi (diabétologue, La Pitié-Salpêtrière), viennent de signer dans les colonnes du « Journal du Dimanche » un appel « pour une autre politique du médicament ». Ils y demandent à l’État « la publication rapide d’un livre blanc des médicaments pour aider les médecins à prescrire mieux et moins, et éclairer le grand public ».

Selon les signataires, qui affirment notamment qu’on pourrait « sans dommage » diviser par quatre le nombre de médicaments consommés en France, un tel livre blanc existe déjà en Grande-Bretagne et en Belgique. « Il cible, pathologie par pathologie, les médicaments indispensables, les médicaments éventuellement utiles, et ceux qui ne servent à rien ».

En réaction au livre des Prs Debré et Even

Les signataires de l’appel jugent en outre que l’absence d’un tel document de référence « laisse la place à des guides rédigés sans rigueur et contenant de nombreuses erreurs ». Dans leur collimateur, le « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » des Prs Debré et Even. Publié voici trois semaines, ce livre caracole en tête des ventes avec plus de 175 000 exemplaires vendus. Si les auteurs de l’appel reconnaissent que cet ouvrage a eu le mérite de dire que les Français consomment trop de médicaments, c’est pour rappeler aussitôt qu’« il est truffé d’erreurs et ne peut être considéré comme un guide objectif ».

Contacté par « Le Quotidien », le Pr Jean-François Bergmann, un des cosignataires de l’appel, précise que le but de cette opération est de « réveiller les consciences. C’est à la HAS (Haute Autorité de santé) ou à la DGS (Direction générale de la santé) de faire ce travail, indique-t-il, car le livre de Debré et Even doit être combattu avec du solide ». Jean-François Bergmann reconnaît cependant que ce livre blanc qu’il appelle de ses vœux, et qui pourrait prendre la forme d’un « outil de référence, annuel validé et opposable » n’aura sans doute pas les faveurs des syndicats médicaux et de l’Ordre, selon lui « toujours sur la réserve sur ces sujets ».

› H.S.R.

 
Les Commentaires | 4 commentaires
 
Le 11/10/2012 à 14h08
Profession : Médecin
« La formulation de la revue indépendante sur un médicament récemment sorti n’est pas éventuellement « n’apporte rien » mais « n’apporte rien de nouveau », c’est-à-dire par rapport aux médicaments déjà proposés pour la pathologie concernée. Pour le bisoprolol dans l’insuffisance cardiaque, on pouvait lire dès 2001: « Le bisoprolol et le carvédilol sont des les bétabloquants de référence dans l'insuffisance cardiaque, sans supériorité démontrée pour l'un d'entre eux. Le bisoprolol a l'avantage d'une administration en une seule prise quotidienne et d'un coût un peu plus faible » « Apporte quelque chose: En cas d'insuffisance cardiaque stabilisée par IEC et diurétique, le bisoprolol et le carvédilol, commercialisé plus tôt mais dont l'évaluation détaillée a été publiée plus tard, réduisent la mortalité et le risque d'aggravation ». »
Le 09/10/2012 à 07h41
Profession : Médecin
« Sans vouloir faire "la médecine" avec les protocoles et indications, si déjà nous dispositions : - nous, médecins, d'une base médicamenteuse indépendante, en DCI, dans nos logiciels, pour prescrire - toute la population, accès à cette base ...(fiche de chaque produit) ... quand au Pr Debré, il n'est expert de rien ... (du ridicule peut-être ...). »
Le 09/10/2012 à 06h09
Profession : Médecin
« Cette proposition de refaire, en quelque sorte, le livre de FERNAND VIDAL, mais d’une nouvelle manière, est, certainement, excellente. Cinq professionnels de santé le proposent, dont Jean-François Bergmann le Vice-président de la commission d’AMM à l’Agence nationale de sécurité du médicament qui s’est laissé doubler en ce domaine. En effet que n’a-t-il pas rédigé ou fait rédiger ce livre auparavant et pourquoi avoir attendu, pour ce faire, les attaques difficiles à parer des cinq livres des Prs Debré et Even alors que le scandale dure depuis des dizaines d’années ? Je tiens à la disposition des rédacteurs de ce nouveau VIDAL la revue MEDICA des années 62 à 73 dans laquelle, entre de beaux tableaux d’ART MODERNE, se trouvent des encarts dignes de la liste dressée façon MOLIERE dans le livre de DEBRE et EVEN pour en faire un LIVRE NOIR, celui des médicaments retirés ou obsolètes. Les signataires de cet appel jugent que l’absence d’un document de référence « laisse la place à des guides rédigés sans rigueur et contenant de nombreuses erreurs ». Ils ont bien entendu dans le collimateur, le « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux ». Pour quelles bonnes raisons ? Nous attendrons donc des milliers d’employés de l’ANSM qu’ils comblent le retard pris jusqu‘ici et qu’ils corrigent avec minutie les erreurs des 906 pages du livre précité sans tomber dans le risque de tomber, eux-mêmes, dans les erreurs. DEBRE et EVEN ont pris de l’avance. Il sera difficile de combler leur handicap car le livre précité caracole en tête des ventes avec plus de 175 000 exemplaires vendus. Les auteurs annoncent qu’ils ont déjà choisi d’en corriger les erreurs de sorte que la Haute Autorité de santé et la Direction générale de la santé auront à « faire ce travail ont du pain sur la planche car : « le livre de Debré et Even doit être combattu avec du solide ». Quant aux intérêts partagés entre les leaders d’opinion et les dirigeants des firmes pharmaceutiques, leur publication à la façon américaine devrait se faire avant toute rédaction et certains auteurs que nous espérons, sans aucune illusion, peu nombreux devraient être écartés de cette rédaction et les futurs auteurs devront montrer patte blanche en ce domaine. » Docteur JEAN DOREMIEUX urologue en retraite
Le 08/10/2012 à 21h50
Profession : Médecin
« Les avis d'experts même indépendants... je me rappelle quand est sorti le bisopolol, une célèbre revue indépendante sur l'art de la prescription avait conclu qu'il n'apportait rien ! C'est depuis un pilier du traitement de l'insuffisance cardiaque... les experts c'est comme l’état, point trop n'en faut et la caravane passe. »

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Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

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