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Le malade était... le pilote

 09/08/2012
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Cette histoire s’est déroulée dans un avion Dakar-Paris en mars 2003, juste après le début de la guerre en Irak.

Mon époux et moi étions allés rendre visite à nos enfants installés à Dakar depuis quelques mois. À l’aller déjà un homme d’une trentaine d’années avait fait un malaise devant nous, juste une hypoglycémie chez un pléthorique qui gérait plus ou moins bien son diabète débutant. Au retour, alors que l’on passait au dessus de la Méditerranée, on demande un médecin. Après quelques secondes d’attente, je me lève. L’hôtesse de l’air me dit le plus discrètement possible qu’il s’agit du… pilote !

Discrétion de mise.

Difficilement, je me faufile entre le chariot du petit déjeuner et les passagers curieux jusqu’au cockpit et, en effet, le pilote est affalé sur son siège, à peine conscient, d’une grande pâleur, répondant difficilement aux questions. Allonger cet homme, un gaillard, très sportif d’après le copilote qui bien sûr a repris les commandes, n’est pas une mince affaire, je tente un examen rapide rendu presque impossible en raison de l’exiguïté du lieu et la discrétion nécessaire.

C’est un médicament que j’avais sur moi – et là il faut tenir compte des aller-retour jusqu’au bout de l’avion pour récupérer le tensiomètre puis la boite de médicaments – qui va aider à patienter.

La demande du copilote : « Peut-on arriver à Paris ou dois-je me poser à Bordeaux ? », eh bien, sachant qu’il faudra presqu’autant de temps pour obtenir d’atterrir en urgence à Bordeaux que pour arriver jusqu’à Paris où l’avion est attendu, va pour Paris.

Et 20 minutes plus tard, car le copilote a mis les gaz au maximum, nous atterrissions. Pour l’anecdote, il y avait au moins 5 ambulances pour un malade, des voitures de pompiers en nombre, et seul un voisin m’a glissé : « C’est le pilote, n’est-ce pas... ? »

Il s’agissait d’une intoxication alimentaire sévère, mais je n’ai jamais eu de nouvelles de ce pilote, ayant fourni mes coordonnées ainsi que les actes effectués, médicaments donnés, je ne peux que penser que son état s’est rapidement amélioré.

> Dr F. K.

 
Les Commentaires | 6 commentaires
 
Le 10/08/2012 à 10h30
Profession : Médecin
« La plupart du temps, il n' y a même pas un tensiomètre et la trousse se limite à du paracetamol et on n'est pas remercié par la compagnie sauf par un coup d'alcool ( ce qui n'est guère recommandé pour le sérieux du diagnostic : je ne me vois pas être en train de boire entre deux consultation!!!) et en cas de pépin on n'est pas assuré !!! Avec la multiplication des retraités qui se baladent, on a intérêt a se déplacer avec sa trousse d'urgence et à avertir son assureur qu'on part en voyage en avion ! »
Le 09/08/2012 à 23h24
Profession : Médecin
« Sur un vol Paris-Guadeloupe, j'ai eu à prendre en charge un gros malaise vagal chez un adulte de 25 ans, puis l'angine d'une hôtesse et un gros herpes chez le chef steward: bingo ! apéritif et une bouteille de Champ. Au retour sur Paris, malaise cardiaque à 30 de fc chez une quinquagénaire, je n'ai pas dormi de la nuit et failli faire détourner l'avion sur les Açores, samu et pompier dans l'avion à Paris: bingo bouteille de Champagne et avantages pour prochain vol de la compagnie ! La prochaine fois je prendrai une mallette en cabine!!! » Un pédiatre
Le 09/08/2012 à 12h32
Profession : Médecin
« Et moi donc ! Prendre les commandes et atterir sur une plage de Polynésie !!! »
Le 09/08/2012 à 11h25
« Ça risque de rester du domaine du rêve car de nos jours l'avion se pose parfaitement tout seul... le pilote n'intervenant que pour les paramétrages du vol et exclusivement pour le roulage au sol. »
Le 09/08/2012 à 08h29
Profession : Médecin
« Pour ma part, cela m'est souvent arrivé sur diverses compagnies. Il n'est pas simple de se lever pour porter assistance lorsqu'on exerce son métier, comme moi, sur la protection des personnes vulnérables et les organisations des établissements qui les accueillent et sans avoir examiné de patient depuis plus de 20 ans... Sur Air France, j'ai eu l'agréable surprise de me voir attribuer des "miles" gratuits. En beaucoup plus drôle, il y a très longtemps, sur un autre vol, après l'atterrissage, l'équipage avait discrètement confié un sac en plastique contenant une boîte de conserve sans étiquette à une de mes filles pendant que j'accompagnais la personne sur la chaise roulante des secours. C'est comme cela que j'ai découvert le flacon bustier du célèbre parfum de Jean Paul Gauthier... » Dr F J
Le 09/08/2012 à 07h55
Profession : Médecin
« Mon rêve de médecin et pilote privé : que les deux pilotes soient malades... et poser l'Airbus... »

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