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Une étude-plaidoyer pour la circoncision

 22/08/2012
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Dans une étude publiée dans le numéro d’août de la revue du groupe JAMA, « Archives of Pediatrics & Adolescents Medicine », des chercheurs de l’université John Hopkins s’alarment de la baisse de la circoncision aux États-Unis, une tendance observée depuis une trentaine d’années. Entre 1995 et 2008, la prévalence de la circoncision parmi les nouveau-nés masculins a diminué de 76 à 55 %. Dans les années 1970 et 1980, le pourcentage de nouveau-nés circoncis atteignait même le taux de 79 %.

Les bienfaits de la circoncision sont aujourd’hui bien connus, souligne un éditorial de la revue : prévention de la transmission du VIH de la femme à l’homme, protection contre l’infection à papillomavirus. L’ablation du prépuce est également associée à une baisse des cancers de la prostate et du col de l’utérus chez les partenaires d’hommes circoncis.

4 milliards de dollars sur dix ans

Aaron Tobian et coll. ont cherché à évaluer le coût en termes morbidité et de dépenses de santé si la prévalence de la circoncision continuait à chuter pour atteindre les 10 %, soit le niveau observé dans la plupart des pays européens. Selon leurs résultats, la prévalence du VIH augmenterait de 12 % chez les hommes, celle du papillomavirus de 29 %, de l’herpès simplex de 20 %. Les infections du tractus uro-génital chez l’enfant seraient également en hausse (de 212 %) de même que les infections à papillomavirus et les infections à trichomonas chez les femmes (+ 18 % et + 50 %). En termes de dépenses, chaque circoncision non effectuée aura un coût supplémentaire de 313 dollars par personne soit un coût annuel de 505 millions de dollars. Une addition qui, sur dix ans, atteint les 4 milliards de dollars.

Si l’étude plaide en faveur de la généralisation de la pratique, « les politiques publiques vont dans le sens exactement contraire, en décourageant la circoncision », souligne un éditorial qui regrette que le système d’assurance, Medicaid, destiné aux plus modestes – « les plus touchés par le VIH et les IST » – ne prenne plus en charge l’opération.

En Allemagne, évaluer la compétence des médecins

Le jugement du 26 juin dernier du tribunal de grande instance de Cologne qui assimilait la circoncision pour motif religieux à des coups et blessures volontaires, avait suscité une vive polémique. En Allemagne et en Suisse, des médecins ont décidé d’instaurer un moratoire pour évaluer l’aspect juridique et éthique de la pratique.

En visite en Allemagne, un des deux grands rabbins d’Israël, Yona Metzger, a proposé ce mardi, que les médecins allemands évaluent « si ceux qui pratiquent la circoncision (en Allemagne) sont compétents » même si la décision finale reste du ressort du bureau du grand rabbin d’Israël. M. Metzger a rappelé que le rite de la circoncision religieuse était pratiqué depuis 4 000 ans, et depuis 1 800 ans en Allemagne. En juillet, les députés allemands issus de tous les partis politiques (sauf la gauche radicale Die Linke) ont réclamé à une grande majorité un cadre légal garantissant la circoncision religieuse, d’ici à l’automne.

> LYDIA ARCHIMÈDE

 
Les Commentaires | 12 commentaires
 
Le 24/08/2012 à 11h55
Profession : Médecin
« Si on a la preuve d'un bénéfice en termes de santé publique de la circoncision, la société doit décider si ce bénéfice justifie le coût de cette intervention qui deviendrait obligatoire. Sinon la circoncision reste un geste chirurgical commun et chacun sait que le chirurgien a une déontologie qui le place au-dessus de toute croyance religieuse et au-dessus de l’appât du gain. »
Le 24/08/2012 à 01h39
Profession : Médecin
« Comment diable la circoncision pourrait-elle protéger du K de la prostate ? »
Le 23/08/2012 à 21h55
Profession : Médecin
« Mutilation anodine... anodine mutilation... torture légère... Comment savoir ce que vous avez perdu si vous ne l'avez jamais (hélas) goûté. Regardez-vous dans la glace vous êtes un peu pâle.. vous n'avez pas bonne mine à côté de votre voisin non circoncis qui affiche un insolent vermillon. »
Le 23/08/2012 à 13h07
Profession : Pharmacie
« La circoncision n'est pas un acte anodin et doit être pratiquée par des professionnels bien formés. Cependant, même si c'est bien une "mutilation" au sens propre du terme, c'est la plus anodine qui soit et elle n'entraîne aucune perte de sensibilité du gland (je peux en témoigner) . Arrêtez de fantasmer sur cette pratique qui ne relève que de la sphère intime et spirituelle pour certains. »
Le 23/08/2012 à 12h25
Profession : Médecin
« Pour les "IST", il y a le préservatif, amovible lui... La circoncision, c'est le préservatif permanent comme sensation... »
Le 23/08/2012 à 11h15
Profession : Médecin
« Et sur cent ans, l'économie serait de combien ? »
Le 23/08/2012 à 09h03
Profession : Paramédical
« On est obligé d'avoir la photo qui illustre ? »
Le 23/08/2012 à 07h37
Profession : Médecin
« Que faites-vous alors de l'étude américaine et de la position de bcp de professionnels sur l'intérêt vis-à-vis des IST ? »
Le 22/08/2012 à 23h45
Profession : Médecin
« La circoncision entraîne une perte de sensibilité du gland, c'est une mutilation irréversible. Quid du prépuce? La nature ne fait rien d'inutile. »
Le 22/08/2012 à 21h27
« La circoncision dans les jours qui suivent la naissance n'est pas insupportable, ne laisse aucun souvenir, et aucune séquelle fonctionnelle. C'est certainement une des plus anodines des "blessures symboliques", dont on a perdu le sens. Qu'on laisse tranquilles ceux pour lesquels c'est essentiel. »
Le 22/08/2012 à 19h32
Profession : Médecin
« Le remboursement ne devrait, en tout cas, intervenir qu'en cas de motif médical donc rarement. Dans 10000 ans, l'évolution naturelle de l'espèce humaine rendra son verdict sur l'intérêt de ce petit bout de viande qui suscite bien des débats... »
Le 22/08/2012 à 19h18
Profession : Médecin
« La circoncision est une mutilation. Ce débat n'a pas lieu d'être. Toute circoncison pour motif non médical devrait être interdite ou alors être une demande propre de la personne concernée et alors considérée comme esthétique. - Profession : Médecin. »

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Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

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Karine Piganeau


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