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Paolo Macchiarini, le « magicien » de la greffe de la trachée a été arrêté en Italie

 27/09/2012
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Arrêté ce jeudi après-midi pour fraude à la sécurité sociale, le spécialiste de la chirurgie thoracique Paolo Macchiarini a été placé aux arrêts domiciliaires.

Les charges contre le pionnier de l’ingénierie tissulaire qui avait dirigé la première transplantation de trachée artificielle recouverte de cellules souches l’an dernier en Suède risquent d’entacher un curriculum vitae auparavant sans bavures. Selon le parquet de Florence, Paolo Macchiarini aurait proposé au moins à six patients inscrits sur la liste d’attente d’organes gérée par l’hôpital de Careggi de les opérer dans le privé à l’étranger. Des interventions qu’il aurait effectuées moyennant un chèque dont le montant variait de 130 000 à 150 000 euros.

Premier faux pas

Le premier faux pas aurait été commis en 2010. « Le magicien de la trachée » comme l’ont rebaptisé les Italiens aurait proposé à l’un de ses malades de l’opérer en Grande-Bretagne. En échange de 130 000 euros. Pour justifier sa proposition, le chirurgien aurait expliqué que « cette intervention ne pouvait être effectuée qu’en Grande Bretagne, l’équipe étant composée d’otorhinolaryngologistes ayant toute sa confiance ». Il aurait ajouté que « cette intervention urgente n’aurait pu en aucun cas être effectuée à court terme dans la structure hospitalière publique de Careggi ».

Une deuxième plainte a été déposée par la femme d’un patient atteint de métastases pulmonaires et cérébrales. Cette fois-ci encore, le chirurgien aurait réclamé un chèque de 150 000 euros après avoir proposé une hospitalisation dans une structure privée de Hanovre, en Allemagne. L’affaire n’avait pas abouti, la famille du patient n’ayant pas réussi à trouver les fonds réclamés par Paolo Macchiarini.

Selon le parquet de Florence, Paolo Macchiarini remettait en cause les structures publiques italiennes qu’il qualifiait « d’inadéquates ». Il affirmait aussi que « l’attente pouvait durer jusqu’à trois mois ». En réalité, estime le procureur, après avoir consulté l’hôpital, le délai varie d’une semaine à quinze jours.

L’avocat du chirurgien a remis en cause l’arrestation de son client. « Les faits remontent à 2010 et l’acte d’accusation évoque seulement une tentative de délit. Ce dispositif aurait pu être évité », a déclaré Rosario Bevacqua. Pour sa part, le chirurgien a tonné : « Lorsque cette affaire sera finie, je quitterai l’Italie et n’y remettrai jamais les pieds ! »

› DE NOTRE CORRESPONDANTE À ROME, ARIEL F. DUMONT

 
Les Commentaires | 2 commentaires
 
Le 28/09/2012 à 07h49
Profession : Médecin
« Voyons, voyons : une cs à 23E. Charges déduites, il me reste quand même 12.5E. A ce rythme, il me faudrait 10 000cs pour arriver au talon du confrère. Mais, il nous donne des idées. Non ? »
Le 27/09/2012 à 22h13
Profession : Médecin
« Bon voyons, j' ai beau déplacer la virgule d'un rang quand mon patient est en retard, de deux rang quand il me demande un rendez-vous après 18 heures, de trois rang quand au dernier moment avant de partir il me demande de remplir un certificat d'assurance, c'est vraiment décevant : je n'arrive pas à 130 000 euros la consultation ! Comment faire ?... S'il vous plaît , mes amis , aidez-moi ! »

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Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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