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En Allemagne, la circoncision ne peut pas être religieuse

 27/06/2012
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En s’opposant à la circoncision rituelle, la justice allemande a provoqué hier un tollé dans la communauté juive. Mais ce rituel est également pratiqué dans le monde musulman et dans certaines églises orthodoxes orientales. Dans un jugement qui devrait faire jurisprudence, le tribunal de grande instance de Cologne a estimé que cette modification corporelle, « durable et irréparable » était « contraire à l’intérêt de l’enfant qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse », selon ce jugement qui n’interdit toutefois pas cet acte à des fins médicales.

« Le droit d’un enfant à son intégrité physique prime sur le droit des parents », ont indiqué les juges. Les droits des parents en matière d’éducation et de liberté religieuse ne sont pas bafoués s’ils attendent que l’enfant soit en mesure de décider d’une circoncision comme « signe visible d’appartenance à l’islam », poursuit le tribunal.

661 millions d’hommes circoncis

Le Conseil central des juifs d’Allemagne a vivement réagi à cette décision judiciaire, estimant qu’il s’agissait d’« une intervention gravissime et sans précédent dans les prérogatives des communautés religieuses ».« La circoncision des nouveaux nés garçons est un élément essentiel de la religion juive et est pratiquée depuis des milliers d’années partout dans le monde », a insisté le président du Conseil, Dieter Graumann, dans un communiqué, en demandant aux députés allemands de légifèrer sur la question. Selon l’Organisation mondiale de la santé, en 2009, 661 millions d’hommes de plus de 15 ans seraient circoncis, soit environ 30 % de la population masculine mondiale.

Cette décision judiciaire est « extrêmement importante pour les médecins car ils ont pour la première fois une base légale sur laquelle s’appuyer », a assuré un expert en droit, Holm Putzke, dans le Financial Times Deutschland (FTD), lequel voit dans ce jugement une « césure ». La justice allemande avait été saisie du cas d’un médecin généraliste de Cologne qui avait circoncis un petit garçon de 4 ans à la demande de ses parents musulmans. Or quelques jours après l’intervention, l’enfant avait dû être admis aux urgences pour des saignements. Le parquet de la ville avait alors engagé des poursuites contre le médecin. Ce dernier avait été relaxé en première instance puis en appel, le tribunal estimant qu’à l’époque des faits il n’était pas en mesure de déterminer s’il agissait illégalement.

› STÉPHANIE HASENDAHL

 
Les Commentaires | 5 commentaires
 
Le 06/07/2012 à 10h36
Profession : Médecin
« La circoncision est reconnue aujourd'hui comme un élément majeur dans la prévention des MST et du cancer du col utérin pour la partenaire sexuelle; alors est-ce bien raisonnable de l'interdire, compte tenu de l'augmentation des chiffres de MST/VIH ? »
Le 02/07/2012 à 17h06
Profession : Infirmier
« Comme infirmière dans un grand hôpital de l'est de la France je peux témoigner que la grande majorité des "circoncision rituelles" effectuées dans le service où je travaillais étaient effectuées (et donc prises en charge) comme posthectomies. »
Le 28/06/2012 à 23h15
Profession : Médecin
« A Pau, certains chirurgiens, pas tous acceptent de réaliser une circoncision pour des motifs non médicaux, mais l'acte n'est en aucun cas remboursé. »
Le 27/06/2012 à 19h39
Profession : Médecin
« En France, les seules circoncisions remboursées par la sécu sont musulmanes, les communauté juives font appel à un homme de l'art, spécialiste, le mohel qui effectue la circoncision à la maison, lors d'une fête de famille, très importante, et cela n'a jamais été payé par la sécu ou autre. »
Le 27/06/2012 à 19h14
Profession : Médecin
« Quand on sait ce qui se passe en France, le coût pour la sécu de ces soi-disant posthectomies, on se prend à rêver. »

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Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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