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MSF lance une grande campagne d’appel aux dons

 01/10/2012
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Deux mains qui bandent la tête d’un homme, une femme médecin paumes ouvertes face à un militaire armé, un bloc opératoire sous une tente ... Les visuels de la nouvelle campagne d’appel aux dons (la deuxième après celle de 2002 ) sont des photographies des équipes de Médecins sans frontières (MSF) sur le terrain. « Nous souhaitions refléter les contextes où nous intervenons et les principes qui motivent nos actions », explique le directeur général Filipe Ribeiro.

Variations sur le « sans » de médecins sans frontières, la campagne, diffusée à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 28 octobre, à la télévision, radio, et dans la presse, scande l’importance des donateurs grâce au slogan : « sans vous, pas de médecins sans frontières ! ». « 90 % de nos fonds viennent de donateurs privés : l’indépendance financière est la garantie de notre indépendance d’intervention, jusque dans les choix des lieux », rappelle le Dr Marie-Pierre Alié, présidente de l’ONG.

Grands défenseurs de l’excellence technique dans l’action humanitaire, MSF intervient sur 2 fronts. L’ONG est présente en urgence sur les théâtres de conflits ou de catastrophes, pour aider les victimes et les populations déplacées. La chirurgienne Anna Nowak a participé à une vingtaine d’interventions en quatre ans, dont une à Haïti et l’autre en Syrie, en juin dernier, pour installer un hôpital clandestin dans le Nord du pays. « Tout est en kit, cela doit être facile à envoyer depuis notre plateforme logistique de Bordeaux. En Syrie, il fallait se déplacer discrètement : nous prenions du petit matériel transportable dans un sac. Cela coûte cher, mais grâce à cela, nous avons pu faire une parotomie sur un homme transpercé par un éclat d’obus », explique-t-elle. « Malgré le contexte, nous ne voulons pas de chirurgie au rabais ».

Penser au long cours

L’autre axe d’intervention consiste dans le soin aux populations oubliées. MSF participe au développement des traitements contre les formes résistantes de la tuberculose, et met en place en partenariat avec les États des actions préventives contre le paludisme et des programmes de lutte contre la malnutrition. Grâce à leur action au Mali, le nombre de cas de paludisme a diminué de 65 % en 2012.

Enfin, MSF, qui travaille dans les hôpitaux, (en 2011, 100 000 patients ont été hospitalisés dans les structures de l’ONG, 360 000 admises), inscrit son action sur du moyen et long terme, pour assurer une prise en charge globale. « En Haïti, une patiente a été complètement défigurée dans l’éboulement de sa maison. Nous avons assuré la chirurgie reconstructrice », témoigne le Dr Nowak. Le Dr Florent Retailleau, médecin de montagne en Savoie, a effectué une mission en Géorgie Abkhazie en 2006 : « un patient de 45 ans souffrait d’une forme résistante de tuberculose. Ancien combattant, il était amputé d’une jambe. Il souffrait du VIH, de l’hépatite B et C, et s’était drogué. En deux ans, nous avons réussi à apporter une réponse à chacun de ses problèmes, y compris sociaux ».

En urgence ou au long court, ces interventions ont un prix. MSF a dépensé 11 millions d’euros pour construire un hôpital pérenne à Haïti, après avoir installé 3 ou 4 structures temporaires. En République démocratique du Congo, l’aide se chiffre à hauteur de 9 millions d’euros, et de 2 millions en Syrie. En 2011, la collecte globale s’élevait à 164 millions d’euros. « La générosité des Français n’est pas à prouver, mais avec la crise économique, trouver de nouveaux donateurs est de plus en plus difficile, et les montants des dons baissent », analyse Filipe Ribeiro.

› COLINE GARRÉ

 
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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

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Karine Piganeau


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