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De retour de Syrie, une chirurgienne de MSF témoigne

 22/08/2012
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Médecins sans frontières (MSF) intervient désormais directement dans le nord de la Syrie, dans une zone tenue par les rebelles. « Aujourd’hui, ça fait deux mois que le projet est stabilisé », explique Filipe Ribeiro, directeur général de MSF. Grâce à un partenariat « avec une association de médecins syriens » MSF a pu disposer d’une villa de 8 pièces sur deux niveaux dans laquelle ont pu être installés un bloc opératoire, une salle de réveil, une salle de déchocage, une salle de stérilisation et une douzaine de lits d’hospitalisation.

Le Dr Anna Novak, qui depuis plus quatre ans exerce son métier de chirurgie générale avec MSF, a fait partie de première équipe à pouvoir intervenir en Syrie. « J’ai déjà effectué une vingtaine de missions pour MSF et j’ai eu l’opportunité d’être disponible au moment où ce projet a pu être lancé », raconte-t-elle au « Quotidien ».

Sa mission syrienne a duré six semaines dont cinq sur place. « Nous étions une équipe de 7 expatriés dont un chirurgien, 1 médecin urgentiste et un médecin anesthésiste plus une cinquantaine de Syriens, médecins, infirmiers, techniciens de bloc, personnels de nettoyage etc », décrit la praticienne.

Depuis l’ouverture de l’hôpital, plus de 300 interventions chirurgicales ont été réalisées et les blessés continuent à affluer. Seule chirurgienne sur place, le Dr Novak pratiquait « trois à six opérations par jour, ce qui compte tenu de nos faibles ressources, représentait la moitié de nos capacités d’accueil », relève-t-elle. Au bout de quelques jours, les capacités d’accueil ont dû être augmentées jusqu’à « une trentaine de lits... des matelas posés par terre sur la terrasse de la maison dans des conditions encore plus précaires ».

Blessures de guerre

L’hôpital situé « dans un lieu qui n’est pas directement dans une zone de conflit » a pu bénéficier d’une « relative sécurité », confie la chirurgienne. Toutefois les blessures prises en charge sont « typiquement des blessures de guerre, plaies par balles, par tir d’obus, de roquettes, situées sur toutes les parties du corps, membres mais aussi thorax et abdomen », souligne-t-elle. Les blessés - hommes, femmes, enfants - affluent de partout venant de zones de combats proches mais quelques fois très éloignées. « Certains arrivaient après plus de 100 à 150 km de route après avoir reçu des soins très sommaires parce qu’il n’existait pas d’autres structures de soins. Le besoin est donc réel », insiste le Dr Novak.

Si la mission de MSF est « très soutenue par la population locale », elle n’a pas reçu d’autorisation officielle. « Les autorités ont été averties. Ils n’ont pas donné leur accord et ont simplement répondu que cette mission était illégale », précise la chirurgienne. Toutefois, l’hôpital n’a jusqu’ici pas été visé par les attaques de l’armée de Bachar Al-Assad. De nouvelles équipes ont pris ou sont prêtes à prendre le relais. MSF souhaite élargir son territoire d’intervention et proposer d’autres hôpitaux dans l’ensemble du pays. Son directeur général lance un appel à l’ensemble des parties du conflit afin « qu’elles nous facilitent l’accès et nous laissent soigner nos patients ».

› Dr LYDIA ARCHIMÈDE

 
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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

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