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Sous surveillance des banques, le CHU de Caen ne paye plus ses fournisseurs

 12/09/2012
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Le CHU de Caen, en délicate posture financière, vient de prendre une décision pour le moins inhabituelle. Le salaire du personnel sera payé en temps et en heure, mais les fournisseurs, eux, devront patienter avant d’être réglés. Le versement des cotisations patronales est également suspendu.

Dans un mail adressé aux agents et aux médecins, Angel Piquemal, le directeur général du CHU, explique pourquoi l’heure est grave. Le déficit cumulé du CHU atteint 119 millions d’euros. Une ardoise reconduite d’année en année, malgré les efforts engagés (baisse des effectifs, réorganisations...) qui ont permis de diviser par quatre le déficit annuel entre 2009 et 2011. « Le CHU a systématiquement dépensé davantage que les recettes qu’il a perçues », expose sans détours le DG.

Interdiction des banques

Vivant au-dessus de ses moyens, l’hôpital s’est maintenu hors de l’eau de façon artificielle, grâce à deux autorisations de découvert. Sauf que les banques viennent de siffler la fin de la récré. Aucun nouvel emprunt ne sera consenti sans nouvelles garanties d’assainissement des comptes. Une date couperet se profile : les autorisations de découvert, non reconduites, arrivent à échéance les 3 et 12 octobre. Dans trois semaines, le CHU de Basse-Normandie ne sera plus en mesure d’assumer ses charges d’exploitation.

L’hôpital caennais est déterminé à mettre les bouchées doubles pour doper son activité, faiblarde comparée à celle des autres CHU. Mais l’heure n’est pas aux plans de moyen ou long terme. Comment débloquer la situation avant le 3 octobre ? Le dossier est suivi de près par Paris. Les tutelles vont-elles voler au secours de l’établissement ? À l’aide d’un apurement partiel de la dette, d’une pression sur les banques ? C’est tout l’enjeu des discrètes discussions qui se déroulent actuellement entre le CHU de Caen, l’ARS de Basse-Normandie et le ministère de la Santé.

Les syndicats de personnel du CHU préviennent : ils attendent un signal fort de la gauche en direction de l’hôpital public. Une absence d’intervention politique serait perçue comme un renoncement face au pouvoir de la finance.

DELPHINE CHARDON

 
Les Commentaires | 11 commentaires
 
Le 17/09/2012 à 16h20
Profession : Médecin
« Les commentaires sont aisés mais pour la plupart démagogiques si on a pas une connaissance détaillée de la situation ! - Médecin. »
Le 13/09/2012 à 16h11
Profession : Médecin
« Trêve de plaisanteries la solution immédiate, c’est de privatiser une partie de l’activité du CHU : le secteur privé de l'hôpital public. Demander aux entrepreneurs du secteur hospitalier privé de couvrir la dette du CHU contre un % des parts du CHU. Permettre plus de consultations privées en invitant tous les médecins à en faire plus contre faible redevance aussi bien pour ceux qui ont déjà une activité privée, que pour ceux qui n'ont pas ouvert leurs consultations de CP. Confier à une entreprise privée la gestion de lits privés et s’il n’y en a pas, les créer dans une proportion raisonnable. »
Le 13/09/2012 à 16h03
Profession : Médecin
« Angel Piquemal est l’ancien président de la Conférence nationale des directeurs de centre hospitalier depuis 2003. Il se doit ainsi de donner l’exemple de l’innovation à tous les directeurs des hôpitaux en déficit en face de cliniques qui s’en sortent ! Le directeur de l’hôpital envisage déjà de réduire le nombre de directeurs adjoints au CHU. Est-ce le signe qu’il connaît la fable des rameurs ? Solution pour le CHU de CAEN ? Si la réduction des administratifs et la revente du logement délictueux de son prédécesseur sont évoquées, c’est qu’AP est prêt à appliquer au CHU la métaphore des rameurs. »
Le 13/09/2012 à 14h01
Profession : Médecin
« N'importe quelle entreprise, n'importe quel établissement de soin privé, n'importe quel praticien dans la même situation de déficit chronique aurait été fermé pour cause de faillite depuis longtemps. Il y a visiblement un privilège exhorbitant dont bénéficie l'hôpital public, qui ne remet pas en cause la sous-utilisation de ses équipements, le ratio personnel administratif/soignant... L'APHP et La Timone découvrent les vertus du secteur 2 quand le gouvernement cherche à tuer le secteur 2 libéral et peut-être aussi les spécialités médicales libérales... »
Le 13/09/2012 à 10h40
Profession : Médecin
« Permettez-moi d'avoir une pensée pour les pauvres fournisseurs qui jouent pendant ce temps le rôle de banquier. C'est ainsi que l'on met en péril des PME ; mais du moment que les salaires des employés hospitaliers ont été versés, pas de grabuge avec les syndicats et tant pis pour les autres. Après moi le déluge !!! »
Le 13/09/2012 à 09h38
Profession : Administratif
« Les Caennais, patients et personnel, payent pour le symbole de l'incurie hospitalière française : effectifs pléthoriques, anciennes directions au mieux immobilistes, amiante... sans décision depuis 15 ans... et un "U" de CHU douteux car sans activité de recherche... »
Le 13/09/2012 à 08h48
Profession : Médecin
« Ceci démontre, entre autres, que, quel que soit le mode d'activité, la valorisation de nombreux actes est inadéquate, dont les consultations comme exemple "de base", mais beaucoup d'autres également. »
Le 13/09/2012 à 07h29
Profession : Médecin
« Le pouvoir de la finance !!!! Il faut demander un découvert aux mutuelles qui sont en train de gaspiller un milliard de budget publicitaire. »
Le 12/09/2012 à 22h48
Profession : Médecin
« Merci la t2A ! »
Le 12/09/2012 à 22h27
Profession : Médecin
« Quel est le chiffre d'affaires du CHU de Caen ? Quel est le deficit annuel ? »
Le 12/09/2012 à 20h20
« Le CH de Papeete, hôpital de recours de la Polynésie française vit cela depuis plusieurs mois, sans que cela agite le moins du monde les responsables politiques locaux et nationaux. La santé au rabais, nos compatriotes tahitiens le vivent depuis plusieurs années... »

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