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Secteur privé à l’hôpital : la FHF veut reprendre la main

 30/08/2012
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La Fédération hospitalière de France (FHF) veut faire entendre sa voix dans le débat qui s’annonce sur l’encadrement du secteur privé à l’hôpital. Elle convie les syndicats et conférences de médecins et de directeurs d’hôpital à une réunion mercredi prochain. Objectif affiché : dégager une position consensuelle.

Une initiative qui n’est pas du goût de certains. « La question des dépassements d’honoraires est purement statutaire. Nous ne jugeons pas opportun d’aller à cette réunion alors qu’on n’a même pas encore évoqué le sujet avec le gouvernement », déclare le Dr Rachel Bocher, présidente de l’INPH (Intersyndicat national des praticiens hospitaliers). Le Dr Jean-Claude Pénochet, président de la CPH (Confédération des praticiens des hôpitaux), est du même avis : « Les médecins ne sont pas les employés des directeurs. La question du secteur privé est à régler entre le ministère, la Sécurité sociale et les médecins. » La CPH, de même que l’INPH, boudera la réunion de la FHF.

« Scandaleux de se payer sur le dos des patients »

Seul le syndicat de médecins affilié à la CGT réclame la suppression de l’activité libérale à l’hôpital. Explications de son porte-parole, le Dr Christophe Prudhomme, urgentiste en Seine-Saint-Denis : « Nous considérons que c’est scandaleux de se payer sur le dos des patients. Il ne peut y avoir une commission de moralisation de la vie publique, et persistance d’une telle situation. » Les autres organisations syndicales de PH et de PU-PH se prononcent en faveur d’une application plus stricte des règles existantes. Les commissions locales chargées de surveiller l’activité libérale sont pointées du doigt, non sans un certain ménagement. « Ces instances n’enregistrent pas toujours les abus. Peut-être que certaines sont trop laxistes, mais je ne peux dire lesquelles », déclare ainsi le Dr Pénochet (CPH), qui ajoute que le problème concerne avant tout les hospitalo-universitaires.

L’AP-HP en première ligne

C’est donc en ordre dispersé que les différents acteurs hospitaliers devraient aborder la concertation annoncée par Marisol Touraine, dont le coup d’envoi ne devrait plus tarder. Le nom de Jean-Marie Le Guen est évoqué pour piloter le débat national. S’il se refuse à tout commentaire, le député socialiste admet être concerné de près par la problématique, en tant que président du Conseil de surveillance de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris). En 2010, l’AP-HP regroupait 367 médecins ayant une activité libérale. Un sur cinq était en dehors des clous (plus de 20 % de leur activité était consacrée au secteur privé). Le sujet divise la communauté médicale parisienne. À la dernière CME (Commission médicale d’établissement), des noms d’oiseaux ont volé entre pro- et antisecteur privé. La CME a décidé d’opter pour une sage neutralité : « C’est un sujet trop chaud pour qu’on prenne le risque de s’en mêler, expose le Pr Loïc Capron, son président. La position de la CME est claire : la loi, toute la loi, rien que la loi. Si la ministre fait évoluer la loi, nous l’appliquerons. »

Médecins divisés

Le Mouvement de défense de l’hôpital public (MDHP) est lui-même divisé en son sein. L’un de ses chefs de file, le Pr André Grimaldi, s’oppose énergiquement au secteur privé, à la différence du Pr Bernard Granger, qui prend lui-même des dépassements. Supprimer le secteur privé ? Inacceptable aux yeux du psychiatre parisien, sauf à trouver « un système de rémunération acceptable ». La pétition lancée par des médecins girondins réclamant la suppression du secteur II, il la juge « ridicule ». « Ce texte est signé par une majorité de gens à la retraite, c’est démagogique. D’accord pour sanctionner plus lourdement les abus, mais nul besoin de changer la réglementation, qui est satisfaisante en l’état », conclut le Pr Granger.

› D. CH.

 
Les Commentaires | 1 commentaires
 
Le 30/08/2012 à 22h06
« Les premiers responsables sont les représentants de l'AM et des tutelles qui ne prennent pas leur responsabilité, ainsi que certains directeurs, qui ont peur de voir partir des praticiens qui font du chiffre, en ne faisant pas appliquer la LOI. je ne suis pas contre l'activité libérale puisque c'est la loi, je suis contre les dérives. » Joseph DEBRAY, représentant des usagers ET président FHF Picardie.

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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