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Secteur privé à l’hôpital : l’Assemblée s’en mêle

 25/10/2012
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Confusion au sujet de l’encadrement de l’activité libérale à l’hôpital : alors que la ministre de la Santé a confié une mission sur le sujet à la conseillère d’État Dominique Laurent (première réunion programmée le 5 novembre), les médecins hospitaliers découvrent avec agacement qu’un député a déposé un amendement sur le sujet, avant même l’ouverture de la négociation.

La Coordination des praticiens des hôpitaux (CPH) regrette « ce manque de coordination entre les pouvoirs exécutif et législatif », et demande que le temps de la concertation soit respecté.

L’amendement en question a été déposé par Christian Paul (PS), rapporteur du PLFSS. La commission des affaires sociales de l’Assemblée l’a d’ores et déjà adopté. Le texte prévoit une série de mesures visant à combattre les abus (dépassements excessifs, activité libérale prenant le pas sur l’activité hospitalière publique...).

À l’hôpital public, 4 500 praticiens ont un secteur privé, majoritairement des hospitalo-universitaires. Ce droit, institué en 1958, a été supprimé fin 1986 puis rétabli début 1987. Il répond à des règles strictes (la durée de l’activité libérale ne doit pas excéder 20 % de la durée du service hospitalier hebdomadaire) dont le respect n’est pas toujours contrôlé par les commissions locales d’activité libérale.

Interdiction du paiement en direct

L’amendement socialiste, au nom de la « transparence » et de la « moralisation », propose un « premier pas » contre les excès. Il interdit le paiement en direct, et prévoit que l’hôpital touche les honoraires avant de les reverser mensuellement aux praticiens concernés. L’amendement impose aux médecins de fournir à l’administration leur planning d’activité publique, en plus de leur récapitulatif d’activité libérale ; il propose de majorer la redevance versée à l’hôpital par le praticien lorsque ses honoraires dépassent un certain seuil (seuil qu’un décret fixera ultérieurement) ; et enfin, il confère aux directeurs d’hôpital la possibilité de demander à l’ARS le retrait de l’autorisation d’exercer en libéral.

Contactée par « le Quotidien », Dominique Laurent ne tient pas à commenter cette initiative parlementaire. Elle précise que l’accord signé cette semaine par les syndicats de médecins libéraux et l’assurance-maladie est « juridiquement applicable à l’hôpital ». « Notre travail dans les prochaines semaines va consister à décliner cet accord à l’hôpital public, dit la conseillère d’État, ancienne directrice de la politique médicale de l’AP-HP et ancienne dircab du ministre de la Santé Bruno Durieux. Il faudra creuser pour voir comment et par qui les sanctions seront appliquées » en cas de non-respect des plafonds, par exemple.

Le groupe de travail va regrouper un panel large de la communauté hospitalière publique. Y siégeront des médecins exerçant ou non une activité libérale. À compter du coup d’envoi le 5 novembre, une réunion par semaine est programmée jusqu’en fin d’année. La conseillère d’État remettra son rapport à Marisol Touraine en janvier.

› DELPHINE CHARDON

 
Les Commentaires | 5 commentaires
 
Le 25/10/2012 à 23h11
Profession : Médecin
« Suite et fin : "le fait est qu'on récolte toujours ce que l'on a semé (du moins avant l'apparation de la culture expérimentale des OGM)" JC Michéa- La double pensée- p 225. »
Le 25/10/2012 à 23h05
Profession : Médecin
« Et pourquoi donc ne pas informer objectivement tous nos confères lisant le Quotidien, du pourcentage de médecins hspitaliers perdant le tact et la mesure ? 5% de ceux qui font des dépassements comme dans le privé ?... »
Le 25/10/2012 à 23h02
Profession : Médecin
« 4500 PU-PH et PH font deux demi-journées d'execice libéral sur dix! Oui mis sur combien de médecins des hôpitaux ? Quel en est donc le pourcentage ? A être un tantinet partial, le conflit privé/public est attisé pour rien ! »
Le 25/10/2012 à 22h46
Profession : Médecin
« Jaloux ! » Un confrère
Le 25/10/2012 à 21h40
Profession : Médecin
« Ok, ok. Et les après midi d'expertise à 300€ la demi heure ?? Et la main sur le coeur.... C'est pris en compte ? »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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