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Restructurations à l’AP-HP, Hôtel-Dieu : la tension monte

 13/09/2012
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Quatre syndicats de personnel non médical à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (CGT, FO, CFTC, SUD) vont adresser une lettre ouverte à Marisol Touraine, la ministre de la Santé, pour lui demander à être reçus en urgence. « Il faut stopper les restructurations en cours au sein de l’AP-HP, et faire le bilan de ce qui s’est passé depuis trois ans, expose Daniel Dutheil (FO, hôpital Beaujon). La directrice générale de l’AP-HP [Mireille Faugère] nous fait tourner en rond. Elle nous dit que rien n’est figé alors que le plan stratégique avance quand même. Nous espérons que la ministre nous recevra. Sinon, nous irons voir François Hollande. PSA y est allé, pourquoi pas nous ? »

Mireille Faugère fortement contestée

Emblématique, le cas de l’Hôtel-Dieu n’en finit pas de cristalliser les tensions. L’intersyndicale de l’AP-HP n’a pas obtenu les garanties qu’elle escomptait auprès de Jean-Marie Le Guen, qu’elle a rencontré ce mardi. Le député PS de Paris, également président du conseil de surveillance du CHU parisien, a botté en touche sur les aspects sensibles du dossier, relate Daniel Dutheil. « On ne peut pas compter sur Jean-Marie Le Guen », résume abruptement le Dr Dinah Vernant. La présidente de l’association « Hôtel-Dieu, hôpital pour tous » enfonce le clou : « Puisque le changement c’est maintenant, nous demandons la démission de Mireille Faugère [la DG de l’AP-HP]. »

Une délégation de l’AP-HP a été reçue ce jeudi matin par le cabinet de la ministre de la Santé. Présent à la réunion, le Dr Gérald Kierzek, urgentiste à l’Hôtel-Dieu et fer de lance de la contestation, est reparti bredouille, sans engagement politique de la part de la conseillère. Il pose un ultimatum. « Nous demandons à la ministre de se prononcer ouvertement pour le maintien des urgences et des blocs à l’Hôtel-Dieu, et ce dans les tout prochains jours », précise-t-il. C’est-à-dire avant le 18 septembre, date à laquelle le directoire de l’AP-HP se prononcera sur le maintien ou la suppression des urgences à l’Hôtel-Dieu.

› D. CH.

 
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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

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11/09/2012

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