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Litiges autour du temps de travail des praticiens hospitaliers : le cri d’alerte du SNPHAR-E

 25/06/2012
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Face aux « agressions en cours » autour du temps de travail des médecins hospitaliers, le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi (SNPHAR-E) s’alarme aujourd’hui des « tendances actuelles à réinterpréter la loi et la réglementation (...) selon les conditions locales ».

Le syndicat présidée par le Dr Nicole Smolski dit recevoir depuis quelques semaines « d’inquiétantes informations de toutes les régions de France » selon lesquelles les établissements mettent en place des « référentiels ou guides locaux sur le temps de travail des médecins  ».

Le cas de l’hôpital de Cognac

Cette mise en garde fait suite, notamment, à l’affaire médiatisée de l’hôpital de Cognac : dans cet établissement, rappelle le SNPHAR-E, « il a été décidé que la borne maximale de 48 heures hebdomadaires devenait une obligation et que son non-respect conduisait à des retenues sur salaire, d’une somme conséquente (5 400 euros) ». Ce litige avait poussé le Dr Mohamed Ettahiri, urgentiste de l’hôpital de Cognac, à saisir en référé le tribunal administratif de Poitiers après une retenue de salaire à ce sujet (le tribunal doit trancher demain mardi sur ce cas précis, une autre action a été entamée par plusieurs médecins des urgences de Cognac).

Un guide disponible en téléchargement

Le SNPHAR-E cite d’autres conflits hôpitaux/médecins, comme à Reims« il n’y a que 8 jours fériés dans une année civile », ou encore à Paris où « les collègues qui ont voulu verser du temps additionnel sur leur CET se sont vus réclamer 209 euros par jour posé, au titre de l’indemnité de sujétion ! ».

« C’est comme ci les directions s’étaient donné le mot : casser les acquis que nous avons obtenus en 2003 et remettre les médecins au bon vieux telmps du sacerdoce », accuse le syndicat qui met à disposition des PH un guide complet du temps de travail, rappelant « les fondamentaux de la loi et du statut ».

› C.D.

 
Les Commentaires | 8 commentaires
 
Le 20/08/2012 à 16h21
Profession : Médecin
« Il ne faut généraliser. Il y a des confrères consciencieux et d'autres tire au flan qui sont surtout dans les congrès ou qui ont la réunionite et sont peu présents dans le service. »
Le 28/06/2012 à 09h35
Profession : Médecin
« Salaire annuel brut d'un PH 1er échelon avec prime de non travail dans le privé 55 000 euros brut, soit après déduction de 20% de charges sociales, 3 700 euros nets mensuels (JO du 12 juillet 2010). - Le médecin chercheur. »
Le 27/06/2012 à 16h53
Profession : Médecin
« En réponse au chercheur : le salaire de PH ne commence pas à 4000 euros ; par ailleurs je n'ai pas vu de PH revendiquer un temps de travail de 39h »
Le 26/06/2012 à 11h53
Profession : Médecin
« Tout à fait d'accord, je resterai remplaçant... ou changerai de métier après tout. »
Le 26/06/2012 à 10h13
Profession : Médecin
« Comment, lorqu'on a un salaire de PH, soit de 4000 à 7- 8000 euros nets, oser revendiquer un temps de travail de 39h ??Profession : chercheur. »
Le 25/06/2012 à 21h05
Profession : Médecin
« Petit à petit, lentement mais sûrement, la loi HPST fait son œuvre. Une armée de généraux mexicains (administratifs stratifiés en directeurs adjoints et sous directeurs adjoints et sous sous directeurs adjoints) élevés dans la haine du médecin hospitalier (ce fainéant qui profite du système....). 48 heures par semaine = 1 année de travail gratuite tous les 4 ans. Faites la même chose à la SNCF et demain la France est bloquée.... un PH écœuré........ »
Le 25/06/2012 à 19h59
Profession : Médecin
« La lutte contre la loi HPST commence..... cet outil officiel instaure la "totalitarisation" de la médecine publique dans laquelle les praticiens sont devenus des "machines à guérir" . Des machines qui comparaissent devant le juge au moindre aléas. »
Le 25/06/2012 à 19h44
Profession : Médecin
« Pardi, c'est bien pour ça que je reste remplaçant ! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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