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Le PLFSS 2013 menace la santé financière des cliniques, selon la FHP

 04/10/2012
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La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) digère mal les orientations du PLFSS 2013 (projet de loi financement de la Sécurité sociale). Une nouvelle fois, les cliniques ont l’impression que les pouvoirs publics avantagent l’hôpital public, avec notamment la fin de la convergence tarifaire entre les deux secteurs hospitaliers, une promesse électorale de François Hollande.

Les cliniques prennent en charge les urgences et les patients sous CMU, elles accueillent des internes en stage, souligne la FHP, qui ne comprend pas que le gouvernement invoque des « charges inhérentes au service public hospitalier » pour justifier son arbitrage.

Une campagne tarifaire 2013 redoutée

L’année prochaine, hôpitaux et cliniques se partageront une enveloppe commune de 76,5 milliards d’euros. L’ONDAM hospitalier progresse de 2,6 % par rapport à 2012. La FHP salue la volonté politique de soutenir le secteur hospitalier, mais conteste la ventilation de l’enveloppe : 56,7 milliards d’euros iront dans les caisses des établissements financés à l’activité (+2,4 % de progression). Les autres dépenses hospitalières (notamment les MIGAC, que l’hôpital public récupère en grande majorité) progressent de +3,1 %. Jean-Loup Durousset, président de la FHP, redoute une campagne tarifaire 2013 fortement pénalisante pour l’hospitalisation privée. Il rappelle que 28 % des cliniques sont déficitaires.

À cet arbitrage s’ajoutent d’autres mesures, notamment l’élargissement de la taxe sur les salaires, qui vont peser sur les comptes des cliniques privées, met en garde la FHP. Jean-Loup Durousset regrette par ailleurs que le PLFSS 2013 n’instaure aucun lien entre les tarifs des établissements de santé et la qualité des soins. « On nous dit depuis des années d’améliorer la qualité des soins à coût constant. Au bout d’un moment, on ne sait plus faire », commente-t-il.

› D. CH.

 
Les Commentaires | 1 commentaires
 
Le 04/10/2012 à 20h12
Profession : Médecin
« La guéguerre «public-privé» dans le cadre de l’hospitalisation, est ici entretenue par les groupes financiers qui possèdent une grande majorité des cliniques privées hexagonales. Selon la FHP, 28% des cliniques seraient déficitaires. Sans doute s’agit-il de petites cliniques qui n’ont pas eu la possibilité de se regrouper avec d’autres pour faire de grands pôles privés de santé au nord ou au sud d’une ville. Ou bien elles n’ont pu/su attirer de jeunes médecins ayant à peine fini leurs études, salariés à 8000 euros mensuel, comme à Strasbourg, sachant qu’un médecin hospitalier débutait en 2008, avec un salaire moitié moindre. Il peut s’agir également de petites cliniques style «petite entreprise» qui ont pourtant pu bénéficier dans les années 90, d’avantages telle l’augmentation de leur nombre de lits suite à la fermeture d’un service de chirurgie publique, de l’association avec l’hôpital général qui a du racheter les anciens locaux de la clinique pour que les nouveaux puissent être construit sur le terrain appartenant à la collectivité nationale… Bref, quel que soit le parti libéral au pouvoir nationalement ou localement, des armistices et des collaborations ont eu lieu dans cette guéguerre dans la mesure où l’intérêt était bien compris, mais financé avec nos cotisations et nos impôts…»

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

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