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Le CHU de Nîmes cache cette fesse que l’on ne saurait voir

 21/08/2012
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Révolution en septembre au CHU de Nîmes, nous apprend le site Internet « Réseau-CHU » : l’établissement attend en effet la livraison de 7 000 chemises pour patients « ne s’ouvrant plus sur les fesses mais latéralement par bouton-pression » (photo).

Avec cette information de blanchisserie rebondit le feuilleton de l’été dit « des fesses à l’hôpital ». Une saga dans laquelle ont successivement trempé une patiente de 85 ans, une kinésithérapeute puis une généraliste blogueuses, des milliers de pétitionnaires, la ministre de la Santé...

Histoire d’un buzz

Petit rappel : c’est un billet, joliment intitulé « Dignité, mes fesses ! », publié le 27 juillet sur le blog personnel d’une kiné, qui a mis le feu aux poudres. La jeune femme y raconte les mésaventures de Jeanne, 85 ans, tout popotin dehors sans, estime-t-elle, nécessité médicale.

Son récit plaît à une autre blogueuse, Farfadoc, médecin de famille de son état, qui le signale avec succès sur Twitter et lance, dans la foulée, une pétition en ligne « pour des chemises d’hôpital respectant la pudeur et la dignité des patients ». 11 700 signatures à ce jour.

Entre-temps, les réseaux sociaux, la presse nationale et régionale, les journaux télévisés... se sont enflammés pour le sujet. Et la ministre de la Santé, personnellement interpellée par la pétition, est intervenue dans le débat, en répondant à Farfadoc. Dans son message, Marisol Touraine se dit attentive au « problème lié aux blouses d’hôpital » et explique que « si cette question est perçue comme secondaire par certains, elle ne l’est pas à (ses) yeux ».

« J’ai saisi les services du ministère, afin qu’ils me fassent des propositions au retour des congés d’été », indique aussi la ministre. Le CHU de Nîmes, lui, n’a donc pas attendu les experts pour agir. Il a même devancé l’appel puisque sa blouse révolutionnaire et digne est à l’étude depuis... septembre 2011. Ainsi que l’explique « Réseau-CHU », « cette ligne de vêtements hospitaliers (...) a été imaginée par les cadres soignants et le responsable de la blanchisserie » et la réflexion engagée il y a un an « avec un industriel des Vosges, à l’occasion du renouvellement du marché des textiles (de l’établissement) ».

› K. P.

 
Les Commentaires | 2 commentaires
 
Le 22/08/2012 à 17h47
Profession : Médecin
« Mme Touraine devrait savoir qu'aux CHRU de Tours, des vrais pyjamas verts sont proposés. D'accord, ce sont les mêmes que pour les patients des services de psychiatrie, ce qui prouve que les malades mentaux ne sont pas discriminés... D'accord, ils ne sont pas toujours à la bonne taille... Mais quand même ! »
Le 22/08/2012 à 16h03
Profession : Médecin
« Après de nombreux cycles de lavages-entretien, les boutons-pression sont le plus souvent inutilisables. Comment pendront les pans ? Là, les fesses seront surement à nu ! »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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