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A l’hôpital Saint-Louis, le chef des urgences jette l’éponge

Abonnés 28/09/2012
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Le Dr Pierre Taboulet dirigeait les urgences de l’hôpital Saint-Louis (Xe arrondissement parisien) depuis 1994. Il vient de rendre son tablier, et s’en explique dans un courrier adressé à la direction générale de l’AP-HP (voir ci-dessous).

Lits porte saturés, urgentistes, infirmiers et internes en effectif insuffisant, gardes « épuisantes et mal payées »... Rien ne va plus aux urgences de Saint-Louis. Les temps d’attente « s’allongent », et « la prise en charge des malades n’est plus satisfaisante ».

Le lien avec le patient se dégrade également. Et le Dr Taboulet d’évoquer ces « vieux, psychotiques, SDF, étrangers (...) qui ne relèvent pas de l’urgence médicale », et « les malades qui affluent à toute heure (...) par envie d’une réponse urgente à leurs besoins ».

La conclusion est sévère : « Le système est périmé, figé, déprimant ». Le Dr Taboulet rend sa casquette de chef ; son adjoint prend la relève.

› D.CH.

 
Les Commentaires | 1 commentaires
 
Le 28/09/2012 à 08h58
Profession : Médecin
« Le système hospitalier public n'est pas "périmé" mais dévoyé/perverti! Il l’a été par la pensée unique et insane d’économistes de Santé qui ont prétendu depuis la fin des années 80, que l’hôpital était une entreprise comme toutes les autres, devant obéir aux lois de l’économie de Marché et à sa «main invisible» qui auto-régule - le bloc soviétique n’est-il pas en train d’imploser et le libéralisme économique de triompher ?... - . La suite nous la connaissons, le summum étant pour l’instant la loi HPST avec entre autres, ses ARS, et bientôt l’étatisation de la Sécu. La fuite est un excellent moyen individuel préconisé par le Dr Laborit, chirurgien militaire (et "inventeur" du premier neuroleptique avec les Prs Delay et Denicker) pour ne pas subir le stress plus qu’il n’est souhaitable pour nos pauvres artères de tabagiques invétérés… Personnellement, j’ai pris ma retraite à 60,5 ans parce que j’avais «les trimestres nécessaires et suffisants»… »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


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