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L’encadrement du secteur privé à l’hôpital vivement dénoncé par les cinq syndicats de PH

 30/10/2012
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Pour une fois, ils sont unanimes. Les cinq intersyndicats de praticiens hospitaliers (PH) émettent de sérieux doutes sur l’amendement encadrant l’activité libérale à l’hôpital qui a été adopté dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2013.

Proposée par le député (PS) de la Nièvre Christian Paul, cette mesure interdit le paiement en direct et prévoit que l’établissement touche les honoraires avant de les reverser mensuellement aux praticiens concernés. « Dans un but de transparence et de moralisation », l’amendement impose aussi aux médecins de fournir à l’administration leur planning d’activité publique (en plus du libéral). Il majore la redevance versée à l’hôpital par le praticien lorsque ses honoraires dépassent un certain seuil – à définir par décret. Enfin, le texte de loi offre aux directeurs d’hôpital la possibilité de demander à l’ARS le retrait de l’autorisation d’exercer en libéral.

Plus que le contenu de l’amendement, l’INPH, Avenir hospitalier, la CPH, le SNAM-HP et la CMH dénoncent de concert un manque de coordination entre cette mesure législative et la mission spécifique que la ministre de la Santé a confiée à la conseillère d’État Dominique Laurent sur ce même sujet.

Un pouvoir accru entre les mains du directeur

Autre grief, la loi veut encadrer un acquis statutaire qui permet de donner une certaine attractivité aux carrières hospitalières qui, pour la CPH, « en ont bien besoin ». Sur la même ligne, Avenir hospitalier indique que le problème de l’activité privée à l’hôpital ne peut être traité isolément des « différentiels importants de rémunérations entre les praticiens libéraux et publics » et de la non-revalorisation des retraites. Les deux syndicats appellent à un respect strict de la réglementation, notamment via les commissions d’activité libérale, outil existant au sein de chaque établissement mais peu fonctionnel.

Les trois autres syndicats s’inquiètent aussi du pouvoir accru que ce texte de loi confère au directeur sur les praticiens hospitaliers. En somme, cet amendement illustre une nouvelle « occasion d’ingérence dont on aurait pu faire l’économie » pour l’INPH, une « suspicion injurieuse à l’égard de l’ensemble des médecins des hôpitaux » selon le SNAM-HP et la CMH.

› ANNE BAYLE-INIGUEZ

 
Les Commentaires | 11 commentaires
 
Le 31/10/2012 à 12h03
Profession : Médecin
« Pas facile de gagner sa vie honnêtement, heureusement la médecine va bientôt disparaître au profit du charlatanisme, comme en politique... »
Le 31/10/2012 à 10h18
Profession : Médecin
« Il s'agit là d'un problème d'une société qui remet en question toutes les autorités: les politiques eux-mêmes, les enseignants, les banques, la famille, les médecins et tous les relais de décisions... Une socièté pré-oedipienne où le meurtre du père n'a pas encore eu lieu ? Un Médecin hospitalier. »
Le 31/10/2012 à 10h14
Profession : Médecin
« À l'heure où l'APHP veut renforcer son attractivité en créant une cellule "VIP" afin de concurrencer certaines structures privées ou à l'étranger , l'amendement de Mr Paul est injurieux et contreproductif » Un Médecin hospitalier
Le 31/10/2012 à 10h06
Profession : Médecin
« Les médecins hospitaliers qui respectent la loi n'ont rien à craindre de cet amendement. Quant aux autres... »
Le 31/10/2012 à 09h37
Profession : Médecin
« J'en veux aux syndicats médicaux qui n ont pas su fédérer leur troupes autour de la PDS, de l'accessibilité pour tous, etc . Ils ont préféré faire de la politique, cad de la démagogie de réélection. Voici les conséquences lourdes : la fin annoncée de la medecine libérale. »
Le 31/10/2012 à 09h18
Profession : Médecin
« À quand la suppression du secteur privé à l'hôpital ? Il vaudrait mieux revaloriser les salaires et s'intéresser aux retraites des PUPH. » Pr P.Feiss
Le 30/10/2012 à 23h57
Profession : Médecin
« Et les expertises ? Sont-elles considérées comme du libéral ? On peut doubler son salaire avec avec la main sur le coeur ! »
Le 30/10/2012 à 21h57
Profession : Médecin
« Le problème est le mille feuille de lois que les libéraux de droite comme de gauche fabriquent alors que les lois existantes ne sont pas appliquées au nom de la liberté individuelle entre autres sans oublier les droits de l'homme et le fameux "il est interdit d'interdire" qui résume très bien le dilemme du libéralisme politique, culturel et économique sans oublier le relativisme culturel qui en découle. Ce dilemme est l'impossibilité de entre le Droit procédural et les lois du Marché. Bon courage aux moins de cinquante ans ? Consommez, survivez et devenez ce que vous pourrez... »
Le 30/10/2012 à 20h46
Profession : Médecin
« Après les hospitaliers les libéraux et vice versa.... »
Le 30/10/2012 à 20h21
Profession : Médecin
« La grève le 12 novembre, avec les libéraux !! Tous ensemble pour une fois. »
Le 30/10/2012 à 19h30
Profession : Médecin
« C'est là qu'on aimerait entendre les PU-PH bordelais qui donnaient leur avis sur les dépassements d'honoraires. Chacun son tour? »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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