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L’ANAP reçoit les honneurs du « Canard »

 23/08/2012
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Aïe. Ce mercredi, l’agence nationale d’appui à la performance (ANAP) a fait les frais de la plume caustique du « Canard enchaîné ». Dans un article intitulé « Consultations à prix d’or », l’hebdomadaire satirique égratigne allègrement l’agence, créée en 2009 par la loi Bachelot afin d’améliorer la performance des hôpitaux (via audits, stages et formations en gestion et en management).

L’ire du palmipède porte sur l’argent que l’ANAP consacre à l’achat de prestations externes, détaillées dans son rapport d’activité 2011. « L’ANAP a dépensé l’an dernier 35 millions […] pour acheter… de bons conseils à des cabinets privés », note le journal, exemples à l’appui.

Le centre hospitalier de Roubaix a ainsi payé 78 556 euros au cabinet Capgemini consulting pour améliorer la « performance du bloc opératoire et de l’anesthésie ». Pour « l’optimisation des achats » du CHU de Grenoble, la douloureuse, facturée par l’agence BCG, atteint 305 960 euros. Et pour le « projet médical » des Hospices civils de Lyon (HCL), « le prix de la gamberge » est de 1 663 678 euros, dans la poche de McKinsey & Company.

Conclusion du « Canard » : pendant ce temps-là, « le personnel soignant compte les seringues pour cause de restrictions ».

› A. B.-I.

 
Les Commentaires | 3 commentaires
 
Le 27/08/2012 à 11h47
Profession : Médecin
« McKinsey ne fait-il pas partie du "cercle des donateurs" apprécié de l'UMP pour les campagnes précédentes ? »
Le 23/08/2012 à 22h14
Profession : Médecin
« Quand je pense qu'on me refuse les "cadeaux -labo" parce que leurs crayons écrivent tout seul des médicaments trop chers pour la sécu et qu'il s'agit de corruption... Nous n'avons pas les mêmes valeurs ! »
Le 23/08/2012 à 19h10
Profession : Infirmier
« Il faudrait fermer la majorité de ces agences gouffre, qui ne servent à rien, la HAS en premier et puis tout le reste, il prouvent leur inefficacité et le fric qu'elles gâchent. »

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Bientôt trois ans que la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) a été votée. Les hôpitaux publics en commencent tout juste la digestion. Rappelons-nous. C’était il y a bien longtemps. Avant François Hollande. Avec pour slogan emblématique « un seul patron  à l’hôpital » – formule portée par Nicolas Sarkozy en personne –, ce texte a, dès sa préparation et bien après sa promulgation, suscité un enthousiasme très modéré chez les médecins de l’institution. Car le « patron » ainsi désigné n’était pas celui que l’hôpital avait pour coutume de nommer.

Non. Le pilote, depuis l’été 2009, c’est le directeur. Et, au-delà de cette révolution de gouvernance, la loi dite Bachelot a, à bien des égards, changé la donne de l’exercice de la médecine à l’hôpital.

Inventée avant elle, l’organisation interne en pôles s’est étendue et les médecins « chefs de pôle » sont désormais de nouvelles figures de l’hôpital ; les CME ont (douloureusement) mué ; un statut un peu extra-terrestre de « clinicien » a vu le jour pour tenter d’attirer les médecins dans le secteur public ; des communautés hospitalières de territoire (CHT) se constituent ; les internes peuvent désormais faire des escapades dans le privé… Les agences régionales de l’hospitalisation (ARH), qui, ainsi que leur nom l’indiquait, chapeautaient jusque-là les établissements « en famille », ont gagné du poids et de l’influence en se transformant en agences régionales de santé (ARS).

Les médecins, dans tout ça ? Séduits, en colère, entrepreneurs, déçus ou enthousiastes, ils témoignent dans nos colonnes.

Karine Piganeau


11/09/2012

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